Au procès du 13-Novembre, le sentiment de culpabilité des Eagles of Death Metal
par Tangi Salaün
PARIS (Reuters) – Deux membres du groupe américain Eagles of Death Metal qui se produisait sur la scène du Bataclan le soir des attentats du 13 novembre 2015 ont dit mardi devant la Cour d’assises spéciale de Paris leur culpabilité de n’avoir rien pu faire pour aider leurs fans tombés sous les balles des djihadistes.
Quatre-vingt dix des 130 victimes de cette nuit de terreur à Saint-Denis et Paris sont mortes dans la salle de concert, et des centaines d’autres personnes ont été blessées ou prises en otage par les tueurs envoyés par le groupe Etat islamique, Samy Amimour, Ismaël Mostefai et Foued Mohamed-Aggad, armés de fusils d’assaut Kalachnikov.
Contrairement aux nombreuses victimes qui regardaient la scène alors que le concert, « le meilleur de la tournée », battait son plein, Jesse Hughes faisait face aux tireurs vêtus de noir quand ils ont fait irruption dans la salle du Bataclan.
Si l’ex-guitariste du groupe Eden Galindo, qui s’occupait ce soir-là de la technique, a dit avoir cru un instant que la sono avait explosé, le chanteur des Eagles of Death Metal (EODM) a raconté à la Cour d’assises avoir tout de suite compris ce qui était en train de se produire.
« Moi qui viens d’une communauté désertique en Californie, je sais reconnaître le son d’un coup de feu. Je savais que la mort arrivait », a-t-il dit, la respiration lourde, se disant rattrapé par des angoisses « qui me hantent depuis 2015 et que je pensais avoir surmontées ».
Alors que les premiers corps tombaient dans la fosse, Jesse Hughes a trouvé refuge sur le côté de la scène auprès d’Eden Galindo.
« Je regardais la foule, elle était tellement dense que les gens ne comprenaient pas ce qui se passait », a témoigné Eden Galindo d’une voix blanche. « Ils nous regardaient mais on ne pouvait rien faire pour eux… On pensait que ça allait s’arrêter mais les tirs continuaient encore et encore (…) Je veux dire aux familles des victimes que je pense à elles tous les jours et que je prie pour elles. »
« LE MAL N’A PAS GAGNÉ »
Eden Galindo et Jesse Hughes ont profité d’une accalmie pour s’échapper par l’arrière de la scène, d’abord vers l’étage à la recherche de la fiancée du chanteur, puis dans la rue, une fuite éperdue, « sans savoir où on allait », jusqu’à la rencontre avec un « ange », un jeune Français nommé Arthur, qui les a fait monter dans un taxi et les a envoyés au commissariat le plus proche.
C’est là, au milieu de personnes couvertes de sang, qu’ils ont appris la mort de leur tour manager et d’un autre membre de l’équipe. Celle, aussi, de « 90 amis lâchement assassinés devant nous ».
Jesse Hughes avait tenu après les attentats des propos qui ont fait polémique, accusant les musulmans dans leur ensemble d’être responsables des attaques, soupçonnant les agents de sécurité du Bataclan de complicité, ou encore regrettant que le port d’armes ne soit pas autorisé en France.
« Tant que tout le monde n’a pas d’armes à feu, il faut que tout le monde en ait une », avait-t-il notamment déclaré en 2016 sur la chaîne de télévision française I-télé.
Mardi, devant la Cour d’assises, le chanteur n’est pas revenu sur ces propos qui avaient provoqué un profond malaise chez certains survivants, et convaincu plusieurs festivals français, dont Rock en Seine à Paris, d’annuler un spectacle d’EODM. Mais il s’en est excusé à demi-mots.
« Après les attentats, j’ai fait beaucoup d’introspection et je crois qu’on peut dire que j’étais complètement à l’ouest », a-t-il dit, la voie étranglée par l’émotion.
« Cette tragédie s’est transformée en faisceau de lumière, elle m’a montré ce que doit être le pardon. J’ai moi-même pardonné à ces pauvres âmes », a poursuivi Jesse Hughes, en évoquant les trois tueurs et les accusés présents dans le box.
« Le mal n’a pas gagné », a-t-il conclu. « On ne peut pas tuer le rock’n roll. »
(Reportage de Tangi Salaün, édité par Bertrand Boucey)
Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge, les fake news, les calomnies et les attaques contre les Evangéliques, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui propose une information indépendante et fiable, non biaisée par des intérêts d'actionnariat ou publicitaires.
Un service de presse reconnu par l'Etat
Le Journal Chrétien est un service de presse en ligne bénéficiant d’un agrément de la Commission paritaire des publications et agences de presse du Ministère de la Culture. Il est membre du Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne (SPIIL), un syndicat professionnel français créé en afin de défendre les intérêts professionnels des éditeurs de presse en ligne indépendants. Il fait partie des sources d'information officielles de Google actualités dans tous les pays francophones. Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge et les fake news et les calomnies, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui passe l'information au tamis de l'Évangile. Nos journalistes et correspondants essaient de s'approcher de la vérité des faits avec beaucoup d'humilité. Le professionnalisme des experts impliqués dans le Journal Chrétien garantit une procédure de sélection de grande qualité et un suivi des projets très rigoureux.Quand les pasteurs et leurs églises sont victimes de dénonciations calomnieuses, le Journal Chrétien mène des investigations pour rétablir la vérité.
En plus de son activité éditoriale remarquable, le Journal Chrétien est l’éditeur de Bible.audio, une vaste plateforme de ressources bibliques comprenant une vingtaine de traductions bibliques, la Bible audio, la Bible interlinéaire, le comparateur de versions, la concordance biblique, les commentaires bibliques, les dictionnaires bibliques et les lexiques bibliques.
Il dispose également d'une chaîne de télévision chrétienne dénommée Chrétiens TV, qui diffuse ses programmes sur le canal 246 de la Freebox en France. Elle s’adresse à tous ceux qui souhaitent nourrir leur réflexion, leur foi ou simplement découvrir des programmes porteurs de sens et de bienveillance.



