Renault en discussion avancée sur des partenariats dans le recyclage de batteries-dirigeant
par Gilles Guillaume
PARIS (Reuters) – Renault est en discussions avancées avec des partenaires pour ajouter à sa palette le recyclage complet de batteries, a dit à Reuters le directeur général de la filiale d’économie circulaire du groupe au losange, une activité appelée à jouer un rôle stratégique pour l’automobile dans un contexte de tensions sur les approvisionnements en matériaux.
« L’activité de recyclage de batteries fait partie des sujets que nous étudions et nous menons bien évidemment cette étude-là avec des partenaires parce que ce sont des métiers qui ne sont pas des activités coeur de constructeurs automobiles », a dit Jean-Philippe Bahuaud, directeur général de « The future is neutral », dans une interview en marge du sommet sur le développement durable « ChangeNOW ».
« Ce sont des discussions qui sont avancées », a-t-il ajouté.
Le recyclage en boucle fermée consiste à broyer et raffiner le contenu de batteries usagées ou des rebuts (scrap) de gigafactories afin d’en extraire des sels recyclés – cobalt, nickel, lithium – pouvant servir à fabriquer des batteries neuves.
D’autres projets existent, comme celui envisagé pour 2027 par Eramet et Suez à Dunkerque, mais Renault compte être le premier à se lancer à une échelle industrielle en Europe.
Pionnier de l’électrique avec son partenaire Nissan la décennie précédente, Renault s’est vu supplanter par des nouveaux entrants comme Tesla et les constructeurs chinois.
CAPITALISER SUR L’EXPÉRIENCE
Le groupe français compte néanmoins capitaliser sur son expérience acquise puisque la question du recyclage et du reconditionnement de modèles commercialisés dix ans plus tôt commence à se poser aujourd’hui.
« Le fait d’avoir lancé des véhicules électriques avant les autres constructeurs nous (…) permet d’avoir développé un paquet de solutions pour les usagers (qui font face) à des choix de remplacement de certaines pièces », a ajouté Jean-Philippe Bahuaud.
Lancée en 2013, la citadine Zoé va ainsi tirer sa révérence le mois prochain à l’usine de Flins (Yvelines), où l’assemblage de véhicules neufs s’arrête pour céder la place aux activités liées à l’économie circulaire.
En attendant de pouvoir recycler complètement une batterie, Renault y développe déjà plusieurs composants de véhicules électriques recyclés partiellement et reconditionnés.
L’activité « remanufacturing » du groupe, qui prendra à son tour d’ici l’été le statut de filiale au sein de « The Future is neutral », propose maintenant des moteurs électriques, des batteries et des chargeurs rénovés jusqu’à 30% moins chers que les pièces neuves.
Jean-Philippe Bahuaud estime à 9.000 la capacité potentielle de batteries reconditionnées de Flins cette année.
Interrogé sur les inconnues politiques en Europe et aux Etats-Unis qui planent sur les normes environnementales, le directeur général de la filiale de Renault a répondu ne pas s’attendre à ce que les réglementations aient un impact sur les métiers de l’économie circulaire « si nous avons des solutions économiquement viables et vertueuses ».
L’une des cinq nouvelles business units « agiles » de Renault avec Horse (thermique), Ampère (électrique et logiciels), Alpine (sport) et Mobilize (recharge et nouvelles mobilités), TFIN vise un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros et une marge opérationnelle supérieure à 10% à l’horizon 2030, des objectifs sur lequels Jean-Philippe Bahuaud s’est dit « en trajectoire ».
(Reportage Gilles Guillaume, avec Gus Trompiz, édité par Kate Entringer)
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