LVMH renoue avec une légère croissance sur fond d’amélioration en Chine
PARIS (Reuters) -Le géant français du luxe LVMH a annoncé mardi des ventes en hausse de 1% en organique au troisième trimestre avec des signes d’amélioration en Chine, alors que le secteur peine à sortir d’une crise prolongée.
Le groupe dirigé par Bernard Arnault a déclaré dans un communiqué constater une « amélioration des tendances » au troisième trimestre et fait état d’un chiffre d’affaires de 18,28 milliards d’euros.
Cette légère hausse des ventes au troisième trimestre par rapport à la même période en 2024 intervient après deux trimestres de baisse organique.
LVMH souligne en particulier une « amélioration sensible des tendances par rapport à 2024 » dans la région Asie hors Japon, constituée principalement par la Chine, pays décisif pour le secteur.
Lors d’un appel avec des analystes mardi, la directrice financière du groupe Cécile Cabanis s’est réjouie d’une situation devenue « positive » en Chine continentale.
La cruciale division « mode et maroquinerie » – qui abrite notamment les marques phares Louis Vuitton et Dior – a fait état d’une baisse de 2% en organique de ses ventes au troisième trimestre, une amélioration par rapport à celle de 9% au trimestre précédent. Les activités de mode et maroquinerie représentent près de la moitié des ventes et plus des deux tiers des bénéfices de LVMH.
Le groupe – qui détient plus de 70 marques dont le joaillier Tiffany, le champagne Moët & Chandon ou encore la chaîne de magasins de produits cosmétiques Sephora – présente des ventes légèrement meilleures qu’anticipé par un consensus d’analystes compilé par Visible Alpha et cité par HSBC.
Ce dernier tablait sur une stagnation du chiffre d’affaires total et une baisse de 4% pour la division « mode et maroquinerie ».
« Le troisième trimestre montre une amélioration pour toutes les activités et toutes les régions à l’exception de l’Europe où les ventes auprès de la clientèle touristique ont diminué », détaille le conglomérat du luxe.
REGAIN D’OPTIMISME
« La division capitale de la mode et la maroquinerie surpasse les attentes, atténuant le déclin de la croissance organique », ont salué dans une note les analystes de Bernstein, attribuant notamment cette évolution à un meilleur marketing de la part de Louis Vuitton et à une demande chinoise « légèrement plus positive ».
Cécile Cabanis a cependant averti que le dernier trimestre de 2025 « sera plus difficile en termes de bases de comparaison ».
Après une forte croissance au sortir de la pandémie de Covid-19, l’industrie du luxe connaît un ralentissement prolongé. Ces dernières années, les marques se sont reposées sur des hausses de prix pour alimenter leurs profits. Or, ces augmentations ont freiné l’engouement pour les onéreux sacs à main, notamment chez les clients les moins riches.
L’industrie est aussi confrontée à divers problèmes économiques, des droits de douane imposés par le président américain Donald Trump en passant par la crise immobilière persistante en Chine et la récente flambée des prix de l’or et de l’argent qui ont fait grimper les coûts de production des bijoux.
Certains analystes se sont toutefois récemment montrés optimistes quant aux performances du luxe, HSBC estimant ainsi en septembre voir « la lumière au bout du tunnel » pour le secteur.
Après avoir connu une tendance globale à la baisse depuis fin janvier, l’action LVMH a augmenté de 13% depuis la publication de ses résultats semestriels fin juillet.
L’enthousiasme du marché a permis au groupe de récupérer son titre de première valorisation en Bourse de France, brièvement perdu au profit de son concurrent Hermès.
L’action LVMH demeure toutefois globalement en baisse de 16,4% depuis le début de l’année.
Depuis fin 2024, LVMH a réorganisé en profondeur sa gouvernance ainsi que la direction artistique de certaines de ses marques, tandis que Bernard Arnault, âgé de 76 ans, a reçu en avril l’approbation des actionnaires pour relever l’âge limite des postes de président et directeur général du groupe à 85 ans.
(Rédigé par Tassilo Hummel, Mimosa Spencer et Florence Loève, édité par Kate Entringer)
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