L’Europe finit en baisse, les semi-conducteurs à nouveau pénalisés
par Diana Mandia
17 juillet (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse vendredi, le secteur des semi-conducteurs prolongeant ses pertes alors que les investisseurs s’interrogent sur la durée du rallye boursier alimenté par l’IA, tandis que la remontée des prix du pétrole entretient les craintes d’inflation.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,47% à 8.338,81 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,34% et à Londres, le FTSE 100 a pris 0,27%, aidé par la flambée des cours de l’énergie.
L’indice EuroStoxx 50 a fini sur un recul de 0,84%, le FTSEurofirst 300 a perdu 0,36% et le Stoxx 600 a abandonné 0,34%.
Les ventes d’actions des fabricants de puces se sont poursuivies vendredi en Europe, dans le sillage de Wall Street la veille et des marchés asiatiques pendant la nuit, les opérateurs se montrant plus prudents vis-à-vis du secteur très coté des semi-conducteurs, alors que les inquiétudes concernant l’essor de l’intelligence artificielle refont surface.
Le secteur technologique du Stoxx 600 a affiché la plus mauvaise performance parmi les composantes de l’indice paneuropéen, terminant sur une baisse de 2,41%, tandis qu’aux États-Unis, l’indice Philadelphia SE Semiconductor s’apprête à enregistrer une baisse hebdomadaire de plus de 8%, la plus forte depuis mars 2025.
Le secteur ayant habitué le marché à des résultats exceptionnels et perspectives solides — comme ceux de TSMC et d’ASML cette semaine —, les investisseurs se demandent une nouvelle fois si cette succession d’annonces pourra se poursuivre avec la même vigueur et si les plans d’investissement colossaux des entreprises technologiques dans la course à l’IA généreront les rendements escomptés.
« On a vraiment l’impression qu’il s’agit d’un mouvement porté par les valeurs du secteur des semi-conducteurs, qui pèse en quelque sorte sur le sentiment général », a déclaré Fiona Cincotta, analyste senior des marchés chez City Index.
Pour jeter encore plus d’huile sur le feu, la start-up chinoise Moonshot a dévoilé vendredi « Kimi K3 », un modèle à 2.800 milliards de paramètres qui, selon elle, constitue le plus grand système d’IA ouvert au monde et offre des performances proches du modèle de pointe « Fable » d’Anthropic.
Si les inquiétudes liées à l’IA font passer au second plan un début de saison de résultats d’entreprise plutôt solide, le ralentissement de l’inflation en juin a été éclipsé par le retour de la guerre au Moyen-Orient, où l’Iran et les États-Unis ont échangé des frappes tout au long de la semaine, ramenant les prix du pétrole à leurs niveaux d’il y a un mois.
Le Brent de la mer du Nord, le contrat de référence pour le marché mondial, gagne 2,92% vendredi pour s’établir à 86,69 dollars le baril et s’apprête à enregistrer un gain hebdomadaire d’environ 14%, le plus fort depuis trois mois.
Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 3,12% à 81,41 dollars.
C’est dans ce contexte instable que la Banque centrale européenne (BCE) annoncera jeudi prochain sa décision de politique monétaire qui, selon toutes les attentes, consistera à maintenir ses taux inchangés, avant de relever à nouveau les coûts d’emprunt en septembre.
VALEURS
STMicroelectronics et Soitec ont perdu respectivement 3,9% et 3,1% à Paris, tandis que les groupes néerlandais ASMI, BESI et ASML ont abandonné d’environ 4% à Amsterdam, dans une nouvelle séance difficile pour le secteur des puces électroniques.
Ailleurs en Europe, le groupe de luxe Burberry a perdu 6,3% après avoir déclaré que le conflit en cours au Moyen-Orient pesait sur ses ventes en Europe.
A WALL STREET
De l’autre côté de l’Atlantique, la séance est également marquée par les pertes du secteur technologique.
A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,11%, le Standard & Poor’s 500 0,56% et le Nasdaq Composite 1,05%.
Nvidia perd 1,08%, Applied Materials 2,6% et Intel 1,9%.
Netflix pèse également sur le sentiment, le géant du ‘streaming’ plongeant de 7,5% après avoir publié jeudi soir des prévisions inférieures aux attentes pour le troisième trimestre.
LES INDICATEURS DU JOUR
Le moral des ménages américains s’est amélioré plus que prévu en juillet, montrent vendredi les résultats préliminaires de l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan. Ce regain d’optimisme pourrait être temporaire si la recrudescence des tensions au Moyen-Orient entraîne une hausse durable des prix de l’essence.
Egalement aux Etats-Unis, la production industrielle a progressé à un rythme soutenu au deuxième trimestre, portée par un essor de l’IA et par la constitution de stocks par les entreprises, qui anticipaient des pénuries et une hausse des prix liées à la guerre au Moyen-Orient.
CHANGES
Le dollar évolue peu vendredi (-0,01%) face à un panier de devises de référence mais s’oriente vers une baisse hebdomadaire, les données plus favorables que prévu sur l’inflation aux États-Unis ayant incité les opérateurs à réduire leurs paris sur des hausses imminentes des taux par la Réserve fédérale (Fed).
L’euro perd 0,02% à 1,1439 dollar.
La livre sterling perd 0,24% face au dollar mais s’apprête à enregistrer sa troisième semaine consécutive de gains, ce qui reflète un climat politique plus stable, alors qu’Andy Burnham prendra ses fonctions de Premier ministre lundi et, selon le Financial Times, nommera une ministre des Finances centriste.
TAUX
Les rendements des obligations d’État de la zone euro ont fini la séance en ordre dispersé mais ont connu un gain sur la semaine, la hausse des cours du pétrole ayant suscité chez les investisseurs la crainte que la BCE n’adopte une politique plus restrictive.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a perdu 1,2 point de base à 3,1243%, tandis que celui de l’obligation à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a gagné près de 2 points de base à 2,7769%.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans perd 3,2 points de base à 4,5374%, tandis que celui du titre à deux ans est stable à 4,1556%
A SUIVRE LE 20 JUILLET :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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