L’Europe vue prudente avant la BCE et la BoE, la « tech » inquiète
par Diana Mandia
18 décembre (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues sur de faibles variations jeudi à l’ouverture, avant les décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre (BoE) prévues plus tard dans la journée, tandis que les dépenses colossales du secteur de l’intelligence artificielle (IA) continuent d’être une source d’inquiétude.
D’après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,01% à l’ouverture.
Les contrats à terme signalent une ouverture en baisse de 0,12% pour le Dax à Francfort et de 0,08% pour le FTSE à Londres.
Le Stoxx 600 devrait quant à lui ouvrir en légère baisse (-0,17%).
La séance de ce jeudi sera marquée par une avalanche de décisions sur les taux d’intérêt des banques centrales européennes : jusqu’à quatre sont à l’ordre du jour, de la BCE à la BoE, en passant par la Riksbank suédoise et la Norges Bank en Norvège.
Dans la zone euro, la BCE devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés et ne pas donner de signes d’une nouvelle baisse à court terme, l’économie du bloc se montrant plutôt résiliente face aux tensions commerciales, tandis que l’inflation reste stable, proche de l’objectif de 2% de l’institution de Francfort.
Cela signifie probablement que la BCE relèvera certaines de ses prévisions de croissance et d’inflation, mettant ainsi implicitement fin à un cycle d’assouplissement monétaire qui l’a amenée à réduire de moitié son taux d’intérêt de référence, le faisant passer de 4% à 2% au cours de l’année écoulée jusqu’au mois de juin dernier.
La plupart des économistes interrogés par Reuters s’attendent à ce que la BCE maintienne ses taux inchangés jusqu’en 2026 et 2027, même si les prévisions pour cette dernière année varient considérablement.
Au Royaume-Uni, la BoE devrait annoncer jeudi une baisse de 25 points de base de son taux directeur, soutenue par un ralentissement de l’inflation et un affaiblissement de la croissance économique, mais une série de nouvelles baisses en 2026 semble peu probable compte tenu des pressions persistantes sur les prix.
La Norges Bank et la Riksbank devraient quant à elles maintenir leurs taux inchangés.
De l’autre côté de l’Atlantique, la politique monétaire reste également au centre de l’attention. Le gouverneur de la Réserve fédérale (Fed) Christopher Waller a déclaré mercredi que la banque centrale disposait encore d’une marge de manoeuvre pour réduire les taux d’intérêt face aux signes de faiblesse du marché du travail. La Fed a abaissé la semaine dernière son taux de référence pour la troisième réunion consécutive, afin de trouver un équilibre entre les risques pesant sur le marché de l’emploi et un environnement où l’inflation reste bien supérieure à son objectif de 2%.
Les données sur les prix du mois de novembre, bien qu’affectées par le « shutdown » du gouvernement -la variation mensuelle ne sera pas publiée-, apporteront probablement de nouveaux éléments plus tard dans la journée.
Dans l’ensemble, la méfiance face au risque persiste, le marché craignant la formation d’une bulle spéculative dans le secteur en essor de l’IA, compte tenu des investissements colossaux, souvent financés par la dette, réalisés par les géants technologiques américains.
La preuve en est la baisse de la Bourse de New York la veille, qui pourrait entraîner ce jeudi l’Europe dans son sillage.
LES VALEURS A SUIVRE :
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en baisse mercredi alors que les inquiétudes persistantes concernant l’IA ont pesé sur les valeurs du secteur de la technologie.
L’indice Dow Jones a cédé 0,47%, le Standard & Poor’s 500, plus large, a perdu 1,16%, et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 1,81%.
EN ASIE
Au Japon, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a reculé de 1,03%, plombé par les valeurs technologiques, dans le sillage de Wall Street la veille.
Les investisseurs se préparent par ailleurs à la décision de la Banque du Japon (BoJ), qui devrait annoncer vendredi une hausse des taux d’intérêt.
Les Bourses chinoises évoluent en ordre dispersé, les opérateurs se tournant vers les secteurs défensifs en raison des inquiétudes liées à l’IA et aux tensions géopolitiques dans la région, tandis que les craintes concernant les secteurs technologique et immobilier pèsent sur le moral des investisseurs.
L’indice composite de la Bourse de Shanghai progresse de 0,23% et le CSI 300 des grandes capitalisations abandonne 0,48%.
La Bourse de Hong Kong recule de 0,5%.
TAUX / CHANGES
Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 0,8 point de base à 4,1431%, tandis que celui de son homologue à deux ans perd 1,7 points de base à 3,4684%.
Sur le marché des changes, le dollar prend 0,04% face à un panier de devises de référence, avant les décisions des banques centrales britannique, européenne et japonaise.
L’euro grappille à son tour 0,02% à 1,1741 dollar.
Au Royaume-Uni, la livre sterling perd 0,06% face au dollar après une baisse de 0,4% la veille, en raison de données indiquant un ralentissement de l’inflation.
PÉTROLE
Les prix du pétrole progressent face à la possibilité que les États-Unis imposent de nouvelles sanctions contre le pétrole russe si Moscou n’accepte pas un accord de paix en Ukraine, tandis que les opérateurs évaluent les risques d’approvisionnement posés par le blocage des pétroliers vénézuéliens par Washington.
Le Brent prend 0,85% à 60,19 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,98% à 56,49 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 18 DÉCEMBRE:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
FR 07h45 Climat des affaires décembre 98 98
USA 13h30 Indice des prix à la novembre +0,3% +0,3%
consommation (CPI)
– sur un an +3,1% +3,0%
USA 13h30 Inscriptions hebdomadaires au sem. au 13 225.000 236.000
chômage décembre
USA 13h30 Indice Philly Fed décembre 3,0 -1,7
(Rédigé par Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)
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