Les craintes sur les taux pèsent de nouveau sur les actions
par Claude Chendjou
PARIS (Reuters) – Wall Street est attendue en baisse mercredi et les Bourses européennes sont dans le rouge à mi-séance, les investisseurs redoutant toujours qu’une accélération du resserrement monétaire des banques centrales plonge l’économie dans la récession.Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en repli d’environ 0,5% pour le Dow Jones et le Standard & Poor’s 500, tandis que le Nasdaq pourrait céder 0,4%.À Paris, le CAC 40 abandonne 0,69% à 6.455,36 vers 10h50 GMT. À Francfort, le Dax reflue de 0,51% et à Londres, le FTSE cède 0,34%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 fléchit de 0,68%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,28% et le Stoxx 600 de 0,69%.
La remontée des rendements obligataires sur fond d’anticipation d’une accélération du durcissement monétaire, à la veille de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), pèse sur les actions.
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, prend près de six points de base à 1,345%, au plus haut depuis 2014, alors que les marchés monétaires tablent désormais sur une augmentation de 75 points de base des taux de la BCE d’ici septembre, avec une première hausse de 25 points en juillet.
Aux Etats-Unis, où seront publiés vendredi les chiffres mensuels des prix à la consommation, le rendement des Treasuries à dix ans remonte au-dessus de 3% (+4,4 points).
Les données économiques du jour ne favorisent pas non plus la prise de risque puisque la production industrielle en Allemagne a augmenté moins que prévu en avril (+0,7% contre une hausse de 1% attendue).
Si la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté au premier trimestre de 5,4% sur un an, soit légèrement plus qu’estimé auparavant (+5,1%), l’OCDE a en revanche abaissé mercredi ses prévisions de croissance pour la zone euro à 2,6% pour cette année et à 1,6% en 2023 contre respectivement une augmentation à 4,3% et 2,5%.
Au niveau mondial, l’OCDE n’attend plus qu’une croissance de 3% pour cette année et 2,8% pour l’an prochain contre respectivement une hausse de 4,5% et 3,2% prévue en décembre.
VALEURS EN EUROPE
Sur le Stoxx 600 paneuropéen, la finance (-2%) et les banques (-0,7%) figurent parmi les plus fortes baisses après l’avertissement émis par Credit Suisse. La banque helvétique, qui chute de 5,1%, a dit mercredi anticiper une nouvelle perte au deuxième trimestre, en raison notamment de la guerre en Ukraine et de la volatilité des marchés.
Dans son sillage, Deutsche Bank recule de 1,8%, HSBC de 1,3%, Société générale de 0,7% et BNP Paribas de 0,6%.
Dans les autres compartiments, Inditex, la maison mère de Zara, avance de 4,4%, après avoir fait état d’une progression de 80% de son bénéfice net sur la période février-avril, à 760 millions d’euros.
Les hautes technologies (+0,5%), meilleure performance sectorielle, profitent du rebond mardi des valeurs de croissance à Wall Street. Capgemini, Stmicroelectronics, ASML et SAP gagnent de 0,2% à près de 1%.
Korian plonge de 9,2% après des informations du Parisien sur des plaintes de familles contre le gestionnaire de maisons de retraite. Son concurrent Orpea cède 4,2%.
Hausse spectaculaire du jour, DBV Technologies s’envole de 17,6% à la faveur de résultats positifs d’une étude clinique sur le Viaskin Peanut, un traitement de l’allergie à l’arachide chez les enfants âgés de un à trois ans.
CHANGES
L’euro évolue à un sommet de sept ans contre le yen à la veille de la réunion de la Banque centrale européenne, à 142,84. La monnaie japonaise, en repli désormais sur dix séances consécutives, est pénalisée par la politique toujours ultra-accommodante de la banque centrale nipponne.
Contre le dollar, la devise unique européenne prend 0,14% à 1,0714, s’éloignant de son creux récent à 1,03 dollar. Le dollar, de son côté, gagne 0,21% face à un panier de devises de référence internationales alors que la Réserve fédérale devrait encore relever ses taux de 50 points de base la semaine prochaine.
PÉTROLE
Les cours pétroliers progressent encore avant la publication à 14h30 GMT des chiffres sur les stocks de brut aux Etats-Unis par l’Energy Information Administration (EIA). Même si une hausse des stocks est attendue, les prix restent soutenus par la perspective d’une forte demande en raison des déplacements estivaux et de la levée progressive des restrictions sanitaires en Chine.
Le baril de Brent avance de 1,30% à 122,14 dollars le baril et celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 1,37% à 121,08 dollars.
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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