Les actions pénalisées par les craintes sur les taux et la récession
par Claude Chendjou
PARIS (Reuters) – Wall Street est attendue en baisse à l’ouverture mercredi et les Bourses européennes sont également dans le rouge à mi-séance, la tendance restant prudente pour la quatrième session d’affilée sur fond de craintes quant à la remontée rapide des taux d’intérêt et la dégradation de la conjoncture après les avertissements de deux grandes banques américaines sur une contraction de l’économie des Etats-Unis l’an prochain.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,27% pour le Dow Jones, de 0,48% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,76% pour le Nasdaq
À Paris, le CAC 40 fléchit de 0,48% à 6.655,47 vers 12h20 GMT. À Francfort, le Dax cède 0,45% et à Londres, le FTSE abandonne 0,05%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 reflue de 0,6%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,49% et le Stoxx 600 de 0,64%.
Bank of America a estimé mardi que l’économie américaine pourrait enregistrer l’an prochain trois trimestres de contraction et JPMorgan Chase, de son côté, anticipe une récession qui pourrait être « légère » ou « prononcée ».
Ces prévisions prennent le pas sur les dix nouvelles mesures d’assouplissement des restrictions sanitaires présentées ce mercredi par la Chine après des manifestations inédites contre la politique « zéro COVID ».
« Il y a un sentiment de nervosité sur les marchés aujourd’hui. Les ventes (d’actions) à Wall Street hier soir se sont propagées sur les marchés dans le monde », explique Victoria Scholar, responsable des investissements chez Interactive Investor, mettant en garde contre une plus grande volatilité jusqu’à la fin d’année.
« Les marchés ne sont pas encore tirés d’affaire avec les éléments défavorables comme la crise du gaz, l’inflation, le resserrement monétaire et la menace d’une récession », ajoute-t-elle.
Les investisseurs se préparent en outre en une série de décisions des banques centrales, à commencer par celle de la Banque du Canada à 15h00 GMT, puis celles la semaine prochaine de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE).
Dans les statistiques économiques du jour, les importations et les exportations chinoises ont affiché en novembre un repli plus marqué que prévu dans un contexte de baisse de la demande mondiale et d’épidémie de COVID-19.
En Europe, le déficit de balance commerciale de la France est ressortie en octobre à -12,15 milliards d’euros, tandis qu’en Allemagne, la production industrielle allemande s’est contractée en octobre de 0,1%.
La croissance économique dans la zone euro au troisième trimestre a cependant été légèrement plus soutenue qu’annoncé précédemment, de 0,3% par rapport au deuxième trimestre et de 2,3% sur un an, selon les données publiées par Eurostat.
VALEURS EN EUROPE
Le compartiment de la santé, en hausse de 0,55%, offre un peu de soutien aux actions en Europe tandis que ceux des ressources de base (-2,03%) et de l’énergie (-1,90%) accusent l’une des plus fortes baisses du Stoxx 600 en raison des craintes sur la conjoncture mondiale.
Les pétroliers TotalEnergies, BP et Eni refluent de 1,28% à 1,57% et les groupes miniers Anglo American, Glencore, Rio Tinto et Eramet cèdent de 1,49% à 2,73%.
Sanofi (+5,62%) et GSK (+7,52%) brillent en Bourse après une décision de justice favorable sur le Zantac, un traitement de l’acidité gastrique accusé d’être cancérigène.
L’annulation des prévisions de livraisons d’Airbus pour cette année est sanctionnée, l’action décrochant de 2,86%.
TAUX
Les rendements obligataires sont sans direction claire après une nouvelle enquête de la BCE qui montre que les anticipations d’inflation des consommateurs dans la zone euro dans 12 mois ont encore été revues à la hausse en octobre, à 5,4%.
Les contrats à terme sur les taux d’intérêt des prêts interbancaires (ESTR) en zone euro, eux, montrent qu’ils culmineront à environ 2,75% en juin 2023 contre un pic situé fin novembre à août 2023, à 2,9%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour l’ensemble de la zone euro, prend environ un point de base, à 1,80%, et celui à deux ans cède trois points, à 2,02%.
Le rendement des emprunts d’Etat américains à dix ans avance de près de trois points, à 3,54%, et celui à deux ans est inchangé, à 4,35%.
CHANGES
Le dollar est quasiment stable (-0,08%) face à un panier de devises de référence.
L’euro remonte à 1,0501 dollar (+0,31%) après avoir reflué dans les premiers échanges.
Le yuan « offshore » prend 0,25% à 6,978 pour un dollar en réaction à l’annonce de l’allègement des restrictions sanitaires en Chine mais les chiffres jugés décevants du commerce extérieur limitent les gains.
PÉTROLE
Les cours pétroliers sont proches de leur plus bas niveau de l’année en raison des craintes d’une récession: le Brent perd 0,05% à 79,31 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grappille 0,03% à 74,27 dollars le baril.
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)
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