Le Maire demande de nouvelles coupes budgétaires après le dérapage du déficit
PARIS (Reuters) – Les agences gouvernementales françaises devront trouver d’autres moyens de réduire les dépenses, a déclaré mardi le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, après que l’Insee a fait état d’un déficit public pour 2023 bien supérieur à la projection du gouvernement.
Le déficit public français a représenté l’an dernier 5,5% du produit intérieur brut (PIB), contre 4,8% en 2022, montrent les données publiées mardi par l’Insee.
Le déficit, qui a progressé à 154,0 milliards d’euros contre 125,8 milliards en 2022, est supérieur aux prévisions du gouvernement, qui l’attendait au départ à 4,9% du PIB, car les rentrées fiscales ont été moins bonnes que prévu.
« La perte de recettes fiscales s’élève à 21 milliards d’euros » en 2023, a expliqué mardi le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, sur RTL.
Les recettes fiscales ont été plus faibles qu’attendu car l’inflation a baissé plus rapidement que prévu, a expliqué Bruno Le Maire aux journalistes.
Parallèlement, les dépenses liées aux allocations chômage et aux dépenses des collectivités locales ont été plus élevées que prévu.
« J’appelle à une prise de conscience collective sur la nécessité de réduire la dépense publique et de faire des choix », a ajouté le ministre.
« Nous devons garder les dépenses qui sont utiles, qui sont efficaces, qui financent nos services publics, qui protègent nos compatriotes. Nous devons abandonner avec fermeté toutes les dépenses publiques qui ne donnent pas les résultats attendus ».
Le ministre a annoncé qu’il écrira à des centaines d’organismes publics français dans la journée pour leur demander de trouver autant d’économies budgétaires que leur trésorerie le permet. Les collectivités locales seront également invitées à réduire leurs budgets.
Réitérant son refus d’augmenter les impôts, Bruno Le Maire a maintenu l’objectif de retour sur les 3% de déficit en 2027.
« On en tire les conséquences en termes d’économie sur tout les dépenses, de l’Etat, la dépense sociale et les collectivités locales », a ajouté le ministre.
L’enjeu est de trouver « à la fois une stratégie qui réduise le déficit et qui ne casse pas la croissance », a plaidé le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, mardi sur France Inter.
Evoquant un « dérapage dans l’exécution » en 2023, le responsable a appelé à un « débat sans tabou » pour réduire le déficit et résorber la dette.
« L’arme fiscale n’est pas à proscrire », a insisté Pierre Moscovici, même si la « marge n’est pas énorme ».
Par ailleurs, la dette publique a elle reculé à 110,6% du PIB, après 111,9% l’année précédente, selon les données de l’Insee.
AGENCES DE NOTATION
Le contexte économique français se dégrade, alors que les agences de notation doivent réviser prochainement la note attribuée à la France.
Fitch et Moody’s annonceront les résultats de leurs évaluations le 26 avril, tandis que S&P Global Ratings se prononcera le 31 mai.
Le gouvernement a prévenu que le déficit serait supérieur aux 4,9% prévus initialement. Les services de Bercy attendaient un déficit à 5,6% du PIB, a déclaré jeudi dernier Jean-François Husson, rapporteur général du budget au Sénat.
Le gouvernement prévoit de ramener cette année le déficit public à 4,4% du PIB. A cette fin, il a déjà annoncé le mois dernier 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires afin de compenser un niveau de croissance inférieur aux attentes.
(Rédigé par Corentin Chappron et Kate Entringer, avec Leigh Thomas)
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