La Fed se réunit sur fond de risques géopolitiques et d’incertitude commerciale
par Howard Schneider
WASHINGTON (Reuters) – La Réserve fédérale américaine (Fed) entame mardi une réunion de deux jours sur fond d’escalade militaire au Moyen-Orient, qui a ravivé les craintes d’une hausse des prix des matières premières alors même que la guerre commerciale menée par le président Donald Trump suscite des inquiétudes sur une poussée inflationniste.
La banque centrale américaine devrait maintenir son taux d’intérêt de référence dans une fourchette de 4,25% à 4,50% à l’issue de la réunion mercredi, soit le même niveau que depuis décembre.
Elle devrait également réitérer sa prudence et donner peu d’indications quant à la trajectoire des taux à venir face à l’impact incertain de la politique commerciale et budgétaire de l’administration Trump sur l’inflation et l’activité économique.
Le président Donald Trump a exigé à plusieurs reprises ces dernières semaines des baisses immédiates des taux d’intérêt, s’en prenant publiquement à son président, Jerome Powell, qu’il accuse d’agir trop lentement.
Les affrontements en cours entre Israël et l’Iran donnent à la Fed des raisons supplémentaires de se montrer prudente alors que le regain de tensions dans une région clé pour l’approvisionnement en pétrole a déclenché une vive hausse des cours du brut – au risque d’alimenter l’inflation globale.
Les responsables de la Fed ont largement anticipé que la politique de droits de douane de la Maison blanche aurait un effet « stagflationniste » sur l’économie, ralentissant simultanément la croissance et augmentant les prix. Ce qui laisse la trajectoire de politique monétaire – baisse des taux ou maintien aux niveaux actuels pendant une période prolongée – à la merci du problème qui s’avérera le plus grave.
Mardi, les données sur les ventes au détail en mai ont fait ressortir un repli plus marqué que prévu, alimentant les craintes sur la consommation, premier moteur de l’économie américaine.
UNE APPROCHE PLUS STRICTE
La Fed publiera sa déclaration de politique monétaire ainsi que des projections actualisées pour l’économie et le taux d’intérêt de référence à 18h00 GMT mercredi, puis le président de la Fed, Jerome Powell, tiendra une conférence de presse à partir de 18h30 GMT.
Les projections économiques de la banque centrale seront sans aucun doute au centre de l’attention des marchés, qui veulent comprendre comment le point de vue des responsables de la Fed sur les perspectives a changé depuis la dernière série de projections en mars, avant que Washington n’annonce des surtaxes massives, mais aussi avant que Donald Trump ne retarde certains des prélèvements les plus sévères face à une réaction largement négative des marchés.
La Fed a abaissé en mars sa prévision de croissance économique pour cette année et a relevé ses perspectives d’inflation, tout en laissant inchangée la perspective médiane de deux réductions de taux d’un quart de point de pourcentage en 2025.
En mai, l’institution a prévenu à nouveau de risques accrus quant à l’inflation et au chômage.
Certains analystes anticipent une approche plus stricte de la politique monétaire, compte tenu de l’accent mis par la banque centrale sur le contrôle de l’inflation et des prévisions selon lesquelles les droits de douane entraîneront de nouvelles hausses de prix.
« Les développements de la politique commerciale ont probablement conduit à un changement significatif des prévisions de la Fed », vers une croissance encore plus lente et une inflation plus élevée cette année que ce qui était prévu en mars, a écrit vendredi Michael Feroli, économiste en chef pour les États-Unis chez JP Morgan.
« Ces révisions stagflationnistes n’indiquent pas une direction claire pour la révision du ‘dot plots’ [graphique qui représente les prévisions des membres du FOMC concernant l’évolution des taux d’intérêt]. Malgré cela, nous pensons que le ‘dot plots’ sera révisé dans une direction légèrement ‘hawkish’ avec une seule réduction de taux cette année », a-t-il ajouté.
(Rédigé par Howard Schneider ; version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


