États-Unis: Les ventes au détail supérieures aux attentes en octobre
WASHINGTON (Reuters) – Les ventes au détail aux Etats-Unis ont augmenté un peu plus que prévu en octobre, mais la dynamique sous-jacente des dépenses de consommation semble ralentir au début du quatrième trimestre, montrent les données publiées vendredi par le département du Commerce.
Ces ventes ont progressé le mois dernier de 0,4%, en rythme mensuel, après une hausse de 0,8% en septembre (chiffre révisé de +0,4%).
Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de seulement 0,3% en octobre. Les estimations allaient d’une stagnation à une hausse de 0,6%. La vigueur des dépenses de consommation a permis à l’économie américaine de maintenir un rythme de croissance soutenu au cours du troisième trimestre.
La consommation est largement tirée par la vigueur du marché du travail, une solide trésorerie des ménages sur fond de hausse des marchés boursiers et des prix élevés de l’immobilier. L’épargne des ménages reste également importante.
INTERROGATIONS SUR LA CONSOMMATION
Certains experts redoutent toutefois que la croissance soit principalement dopée par les ménages à revenus moyens et supérieurs, qui bénéficient d’une plus grande flexibilité et d’une plus grande substituabilité en matière de consommation.
Les données sur les cartes de Bank of America montrent cependant une résistance des dépenses dans toutes les catégories de la population en termes de revenus.
« Nous ne voyons aucun signe de recours accru aux cartes de crédit dans aucune tranche de revenus », note Aditya Bhave, économiste chez Bank of America Securities.
« Cependant, nous observons que les ménages à revenus élevés semblent surperformer dans certains secteurs de services comme les compagnies aériennes, l’hébergement, les loisirs et les croisières », ajoute l’économiste.
Hors automobile, carburants, matériaux de construction et services de restauration, les ventes ont reculé de 0,1%, contre un gain de 1,2% en septembre. Le consensus tablait sur une augmentation de 0,3%.
Cette catégorie, qui est la plus proche de la composante des dépenses de consommation des ménages entrant dans le calcul du produit intérieur brut (PIB), avait progressé de 0,7% en septembre.
Les dépenses de consommation ont augmenté à un taux annualisé de 3,7% au troisième trimestre, contribuant à faire ressortir la croissance du produit intérieur brut (PIB) sur la même période à 2,8%.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit la semaine dernière son taux d’intérêt de référence au jour le jour de 25 points de base, pour le ramener entre 4,50% et 4,75%.
Même si l’on s’attend largement à ce que la banque centrale américaine procède à une troisième baisse de taux en décembre, certains économistes estiment que sa prochaine décision sera serrée. Ils citent le manque de progrès dans la réduction de l’inflation vers l’objectif de 2%.
Le président de la Fed, Jerome Powell, a déclaré jeudi que « l’économie n’envo(yait) aucun signal indiquant que nous devons nous dépêcher de baisser les taux ».
La banque centrale américaine a entamé son cycle d’assouplissement monétaire avec une baisse d’un demi-point de pourcentage de ses taux en septembre, sa première réduction des coûts d’emprunt depuis 2020.
Elle avait procédé à une augmentation régulière de ses taux entre 2022 et 2023, avec une hausse totale de 525 points, afin de faire refluer l’inflation.
A Wall Street, les contrats à terme sur les principaux indices suggèrent une ouverture vendredi en baisse de 0,37% pour le Dow Jones, de 0,57% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,97% pour le Nasdaq.
Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à deux ans prend environ cinq points de base, à 4,354%, et celui à dix ans 3,5 points, à 4,4532%.
Le dollar recule de 0,28% face à un panier de devises de référence, mais reste au-dessus des 106 points, un niveau élevé soutenu par les anticipations de baisses moins importantes des taux de la Fed.
(Reportage de Lucia Mutikani, version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)
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