BHP renonce à son offre sur Anglo American
par Melanie Burton
LONDRES/JOHANNESBURG/MELBOURNE (Reuters) – Le géant minier BHP Group a renoncé mercredi à son offre d’acquisition de 49 milliards de dollars (45,19 milliards d’euros) sur Anglo American, après que ce dernier a rejeté une demande visant à prolonger le délai pour discuter du projet.
Anglo avait accordé à BHP une prolongation d’une semaine, jusqu’à 16h00 GMT ce mercredi, de son délai initial pour soumettre une offre contraignante, après avoir rejeté une troisième proposition de rachat qu’il jugeait difficile à exécuter.
« Bien que nous soyons convaincus que notre offre sur Anglo American constitue une occasion unique d’accroître efficacement la valeur pour les deux groupes d’actionnaires, nous n’avons pas réussi à nous mettre d’accord sur les risques et les coûts liés à la réglementation sud-africaine », a dit BHP dans un communiqué.
« Nous restons convaincus que notre proposition représentait la structure la plus efficace pour créer de la valeur pour les actionnaires d’Anglo American, et nous sommes persuadés qu’en travaillant ensemble, nous aurions pu obtenir toutes les approbations réglementaires nécessaires, y compris en Afrique du Sud », a-t-il ajouté.
Anglo American a dit, après la publication du communiqué de BHP, se concentrer pleinement sur la mise en oeuvre de ses propres plans visant à accroître la valeur pour ses actionnaires.
L’action Anglo a clôturé en baisse de 3% mercredi en Bourse de Londres.
Anglo avait accepté de négocier avec BHP pour tenter de dissiper les inquiétudes concernant la structure de l’opération proposée, notamment la condition imposée à Anglo de dissocier ses unités sud-africaines de production de platine et de minerai de fer avant le rachat.
GARANTIES SUR L’EMPLOI EN AFRIQUE DU SUD
Dans une déclaration précédente, BHP a indiqué avoir besoin de davantage de temps pour s’engager avec Anglo, tout en présentant des garanties visant à réduire au minimum les risques réglementaires en Afrique du Sud.
Ces engagements comprenaient notamment la sécurité de l’emploi pour les salariés en Afrique du Sud.
Anglo a toutefois estimé ces mesures insuffisantes.
« BHP continue de réaffirmer sa conviction que les risques liés à sa structure complexe ne sont pas significatifs, alors qu’il a déclaré de manière répétée et constante, à la fois publiquement et au cours des discussions, qu’il n’était pas disposé à modifier la structure qu’il proposait pour assumer ces risques », a déclaré Anglo dans un communiqué.
Un retrait d’Anglo, fondé à Johannesburg en 1917, aurait porté un nouveau coup dur à l’économie de l’Afrique du Sud, où il emploie 40.000 personnes, alors que les groupes miniers y ont déjà supprimé des emplois et des investissements face à la baisse de la demande de platine.
Les analystes chez JP Morgan estimaient qu’un rachat d’Anglo par BHP pourrait provoquer une sortie de 4,3 milliards de dollars d’Afrique du Sud et affaiblir le rand.
Selon la dernière proposition de BHP, Anglo aurait été valorisé à 29,34 livres par action, soit 38,6 milliards de livres.
« Je ne suis pas surpris que (cette proposition) ait été rejetée par Anglo car il n’y avait pas grand-chose dans le communiqué de BHP. Cela ne semblait pas si convaincant », a dit George Cheveley, gestionnaire de portefeuille chez Ninety-One.
Anglo American attire les convoitises en raison de ses actifs de cuivre au Chili et au Pérou. Le cuivre, utilisé dans les véhicules électriques et le bâtiment, ainsi que dans les réseaux électriques, devrait voir sa demande augmenter grâce à l’émergence des énergies vertes et de l’intelligence artificielle.
(Reportage Melanie Burton à Melbourne et Scott Murdoch à Sydney, avec la contribution de de Clara Denina à Londres, Felix Njini à Johannesburg et Sameer Manekar à Bangalore ; version française Dagmarah Mackos et Camille Raynaud, édité par Kate Entringer et Bertrand Boucey)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



