Les chrétiens du Sud-Liban prient
Après des décennies de conflit, les habitants du village majoritairement chrétien de Rmeich, dans le sud du Liban, espèrent que le prochain voyage du pape Léon dans leur pays leur apportera la paix – et la force de rester -, alors que les communautés chrétiennes de la région s’amenuisent.

Des habitants assistent à une messe à l’église Saint-Georges dans la ville chrétienne de Rmeich, près de la frontière israélo-libanaise, au Liban. /Photo prise le 12 novembre 2025/REUTERS/Aziz Taher
Village le plus méridional du Liban, à la frontière avec Israël, Rmeich abrite une communauté catholique depuis plus de 300 ans. La localité est enclavée entre des postes militaires israéliens au Sud et, au Nord, des villages à majorité musulmane durement bombardés pendant la guerre en Israël et le Hezbollah.
Dans les travées de l’église Saint-Georges, une paroisse catholique maronite fondée en 1740, le père Najib Amil dit espérer que le voyage pontifical donnera aux fidèles la force de ne pas quitter le Liban.
« Léon a décidé de faire son premier voyage en tant que pape au Liban. C’est la preuve qu’il se soucie beaucoup du Liban et en particulier des chrétiens qui y vivent, car si les chrétiens du Liban partent, il n’y aura plus de chrétiens au Moyen-Orient. C’est clair », dit-il.
Les chrétiens ne constituent plus qu’environ 5% de la population du Proche-Orient, berceau de christianisme, contre 20% il y a un siècle, et leur nombre de cesse de diminuer.
Au Liban, ils représenteraient encore un tiers des cinq millions d’habitants, bien qu’il n’y ait pas eu de recensement officiel depuis près d’un siècle en raison de la sensibilité de la question.
« LE CHEMIN DE JÉSUS »
Rmeich et ses quelque 6.000 habitants avant la guerre ont été épargnés par les conséquences directes de pratiquement deux ans de combats, à l’inverse des villages chiites de la région, massivement bombardés par Israël qui disait y viser des positions du Hezbollah.
Pour échapper aux bombardements, les habitants de Rmeich ont demandé au Hezbollah de ne pas tirer de roquettes en direction d’Israël à partir de leur village, dit le père Najib Amil.
Si de nombreux habitants ont trouvé refuge à Beyrouth, plusieurs centaines sont restés sur place, craignant que les belligérants n’en profitent pour occuper le village s’ils venaient à l’abandonner.
Léon ne se rendra pas au Sud-Liban pendant son voyage de trois jours au pays du Cèdre, du 30 novembre au 2 décembre. Le souverain pontife fera étape avant en Turquie, où il est attendu jeudi.
La paix n’est pas totalement revenue au Sud-Liban. L’armée israélienne occupe toujours des avant-postes au sommet des collines et bombarde régulièrement des cibles qu’elle présente comme des dépôts d’armes du Hezbollah.
Dimanche, elle a tué le plus haut responsable militaire du mouvement chiite pro-iranien lors d’une frappe aérienne dans la banlieue de Beyrouth.
Le Vatican n’a pas répondu dans l’immédiat à la question de savoir si cette attaque entraînerait une modification du programme de la visite pontificale. La présidence libanaise a déclaré à Reuters qu’aucun changement n’était prévu à ce jour.
« Nous espérons que la visite du pape au Liban sera un message pour mettre un terme à ces guerres », a déclaré le maire de Rmeich, Hanna Amil, selon lequel quelque 200 habitants du village assisteront à la grand-messe du pape à Beyrouth.
« Nous aurions aimé qu’il nous rende aussi visite dans le Sud, d’autant plus que le Christ est passé ici – le pape aurait alors suivi le chemin de Jésus », ajoute-t-il.
UNE VIE AU RALENTI
Bien que Rmeich ait été épargné par les bombardements, la vie y tourne encore au ralenti. Avant la guerre, ses écoles accueillaient des centaines d’élèves musulmans des villages voisins. Ces villages ayant été rasés, très peu de familles sont revenues s’y installer.
L’armée israélienne restreint par ailleurs fortement l’accès à certaines terres agricoles, notamment des oliveraies et des champs de tabac. Pour s’y rendre, les habitants doivent demander l’autorisation de l’armée libanaise, qui s’est déployée dans la région à la place du Hezbollah, et de la force de maintien de la paix de l’Onu.
Dans les faits, pratiquement aucune récolte n’a pu être effectuée depuis trois ans.
Les habitants de Rmeich sont malgré tout conscients de leur chance d’avoir été épargnés par les combats. Un peu plus au nord, à Derdghaiya (ou Dardaghiya), à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, le père Elia Kamel contemple les ruines de l’église catholique melkite Saint-Georges.
Le 9 octobre 2024, un avion israélien a largué une bombe sur la salle paroissiale adjacente, propulsant des blocs de béton sur le toit de l’église et répandant des gravats dans les allées et jusqu’à l’autel.
L’église n’a pas encore été réparée, faute de fonds.
« Nous n’avons pas pu organiser une seule messe dans cette église » depuis le bombardement, soupire le père Kamel. « Le Christ nous dit qu’il faut être patient, et qu’après la patience vient toujours la récompense. Mais quand viendra ce jour? »
(Reportage de Maya Gebeily et Emilie Madi, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)
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