Le roi Charles III en visite d’Etat aux Etats-Unis
Charles III sera la semaine prochaine en visite d’Etat aux Etats-Unis, pour la première fois depuis son accession au trône en 2022, avec l’ambition de redonner du lustre à la « relation spéciale » entre Londres et Washington au-delà des tensions récurrentes entre le gouvernement de Keir Starmer et Donald Trump, qui ne cache pas son admiration pour les « royals ».
D’une durée de quatre jours, de lundi à jeudi, cette visite d’Etat, programmée à l’occasion du 250e anniversaire de la sécession des treize colonies britanniques d’outre-Atlantique, conduira le roi d’Angleterre et son épouse Camilla à Washington, où le souverain s’adressera au Congrès et sera l’hôte d’un banquet à la Maison blanche, à New York et en Virginie.
Elle s’inscrira dans un contexte particulièrement tendu entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, alimenté par les critiques répétées de Donald Trump à l’encontre du travailliste Keir Starmer, accusé de ne pas s’être rangé derrière Washington dans sa guerre contre l’Iran, et par des remarques du président américain jugées insultantes à Londres concernant l’engagement des troupes britanniques en Afghanistan.
Nigel Sheinwald, ambassadeur du Royaume-Uni à Washington entre 2007 et 2012, ne s’attend toutefois pas à ce que l’objectif de cette visite soit de rabibocher les deux gouvernements, mais plutôt d’insister sur la spécificité des liens historiques – militaires, économiques, culturels – entre les deux pays.
« Bien plus que pour une autre visite, il sera question de long terme, des fondamentaux de la relation entre nos deux peuples, nos deux pays », dit-il. « Cela ne concernera pas ce qui se passe aujourd’hui. »
Le palais de Buckingham a fait savoir que Charles III, dont le frère Andrew Mountbatten-Windsor a été déchu de ses titres royaux en raison de ses liens passés avec Jeffrey Epstein, ne prévoyait pas de rencontrer des victimes du financier et pédocriminel américain, mort en prison en 2019.
« UN GRAND ROYALISTE »
En Grande-Bretagne, des voix se sont élevées pour réclamer l’annulation de cette visite au vu des récents propos de Donald Trump sur les troupes britanniques « restées un peu loin des lignes de front » en Afghanistan ou des risques de dérapage liés à l’humeur imprévisible du président américain.
Dans l’entourage du roi, on souligne cependant que Donald Trump s’est parfaitement comporté lors de ses deux visites d’Etat au Royaume-Uni, en 2019 et 2025.
« C’est un grand royaliste », estime le biographe de la famille royale Robert Hardman. « Il a (…) une opinion bien arrêtée sur le gouvernement mais la monarchie est un tout autre sujet, et il en est un fervent admirateur. Il adorait la défunte reine et c’est un grand admirateur du roi. Pour lui, c’est un grand moment. »
A en croire Robert Hardman, Donald Trump serait revenu sur ses propos relatifs aux troupes britanniques en Afghanistan après avoir reçu des messages privés de Charles III lui déclarant qu’il avait tort.
Lors de leur entretien privé, le souverain pourra à nouveau parler en toute franchise au président américain, assurent des diplomates, mais Robert Hardman prévient que Charles ne sera pas là pour « critiquer la politique de Donald Trump ».
« Ce n’est tout simplement pas le rôle d’un monarque, et ce n’est certainement pas l’objectif d’une visite d’État, » dit-il. « Il s’agira avant tout de revenir sur tous ces (…) efforts partagés entre deux grands alliés (…) et de se tourner vers l’avenir en essayant peut-être de ne pas trop s’attarder sur le présent. »
(Rédigé par Michael Holden; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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