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Les chrétiens du Chhattisgarh tirent la sonnette d’alarme

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En Inde, des dizaines de milliers de chrétiens de l’État fédéré du Chhattisgarh ont manifesté contre un récent amendement apporté à la loi « anticonversion » de l’État fédéré. Cette manifestation a mis en lumière les inquiétudes croissantes des communautés chrétiennes dans cette région tribale.
Des dizaines de milliers de chrétiens ont défilé à Jagdalpur, dans l’État fédéré du Chhattisgarh, au centre de l’Inde, le 13 avril 2026, pour protester contre un amendement à la loi « anticonversion » de l’État fédéré qui était entré en vigueur moins d’une semaine auparavant. Leurs préoccupations n’ayant pas été prises en compte par le gouvernement, cette communauté minoritaire continue de vivre dans une peur grandissante, face à une hostilité croissante et à la perspective d’un détournement de cette loi.

La législation amendée, officiellement intitulée Chhattisgarh Freedom of Religion Bill (« projet de loi sur la liberté de religion du Chhattisgarh »), a été adoptée par l’assemblée de l’État fédéré et signée par le gouverneur Ramen Deka, membre du parti nationaliste hindou au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP). Elle est entrée en vigueur le 7 avril 2026. Le Chhattisgarh est l’un des 13 États indiens à avoir adopté une législation « anticonversion ».

Les lois « anticonversion »

La loi interdit les conversions religieuses impliquant la fraude ou la contrainte. Cependant, des sources locales ont indiqué à CSI que son libellé était suffisamment vague pour être appliqué à l’encontre de simples rassemblements de culte chrétiens.

Les peines vont de sept à dix ans de prison. Des peines plus longues sont possibles lorsque des mineurs, des femmes ou des membres des castes répertoriées (dalits, ou personnes issues des castes inférieures du système de castes rigide du pays) ou des tribus répertoriées (peuples autochtones) sont impliqués. Les peuples autochtones représentent plus de 30 % de la population du Chhattisgarh.

De plus, les rassemblements de deux personnes ou plus que les autorités qualifient de « conversions de masse » peuvent entraîner des peines allant de vingt ans à la prison à vie.

La loi exempte explicitement ce que l’on appelle localement le ghar wapsi, une cérémonie par laquelle les hindous qui avaient quitté la foi y sont ramenés. Cette cérémonie est principalement organisée pour promouvoir le discours nationaliste hindou selon lequel les missionnaires chrétiens utilisent l’argent ou la force pour convertir les hindous au christianisme. Selon le recensement de 2011, les chrétiens représentaient 1,92 % de la population du Chhattisgarh, qui compte environ 30 millions d’habitants, soit environ 490 542 personnes.

Reconversions forcées, expulsions et violences

Des témoignages recueillis sur le terrain par les sources locales de CSI ont mis en évidence un schéma de reconversions forcées, d’expulsions et de violences physiques à l’encontre de familles chrétiennes dans la division de Bastar, dans le tiers sud de l’État fédéré.

Fin décembre 2024, environ 160 chrétiens d’un village situé à une centaine de kilomètres au nord de Jagdalpur ont été contraints de participer à une cérémonie de ghar wapsi. Au cours de celle-ci, de l’urine de vache leur a été aspergée. Des membres de groupes nationalistes hindous accompagnaient les prêtres hindous et étaient plus nombreux que les chrétiens présents.

Un homme, Lokesh Mishra *, a déclaré que lui, sa femme et ses quatre enfants étaient les seuls membres du village à avoir échappé à la cérémonie. Il s’est caché pendant que le groupe le recherchait, et sa femme a été battue à coups de bâton lorsqu’elle a refusé de révéler où il se trouvait.

« Lorsque les extrémistes se sont absentés un instant, j’ai réussi à l’appeler, l’exhortant à rassembler ce qu’elle pouvait et à fuir immédiatement avec nos enfants », a-t-il déclaré. La famille s’est enfuie vers la périphérie de Jagdalpur, perdant ses terres agricoles au passage. Mishra travaille désormais comme journalier.

Mishra a déclaré que les chrétiens restés au village n’avaient plus le droit d’aller à l’église ni de pratiquer ouvertement leur foi, et risquaient de perdre l’accès à leurs champs s’ils refusaient de participer aux rituels hindous.

Déplacements

Le couple Bholoaram * et Jyoti * a été expulsé de son village après s’être converti au christianisme et contraint de vivre dans un abri de fortune à l’extérieur.

Une nuit, un groupe dont faisait partie le père de Jyoti a fait irruption et a menacé de tuer leur enfant si la famille ne le leur remettait pas. Ils ont insisté pour que l’enfant ne soit pas élevé dans la foi chrétienne. Le couple et leur enfant se sont immédiatement enfuis avec l’aide d’un autre chrétien.

Quatre ans plus tard, ils vivent à la périphérie d’une ville du Chhattisgarh. Bholoaram a déclaré que les employeurs potentiels le rejettent dès qu’ils apprennent sa foi.

Un responsable chrétien local a déclaré à CSI qu’il avait personnellement connaissance d’environ 300 familles chassées de leurs villages dans toute la division de Bastar au cours des deux dernières années, et que les expulsions se poursuivent.

Il a attribué en partie cette situation au Vishwa Hindu Parishad (« Conseil hindou mondial », ou VHP) et au Rashtriya Swayamsevak Sangh (principale organisation nationaliste hindoue de l’Inde, ou RSS). Il a déclaré que ces organisations nationalistes hindoues encourageaient les communautés autochtones adivasis à rejeter les chrétiens, les considérant comme une menace pour les terres, la culture et les divinités locales.

Des panneaux d’affichage à l’entrée de nombreux villages de la division de Bastar annoncent que les membres du clergé chrétien et les convertis venus de l’extérieur ne sont pas autorisés à entrer à des fins religieuses. Les panneaux citent la loi PESA (Panchayat Provisions Extension to Scheduled Areas Act), une loi initialement destinée à étendre les droits d’autonomie administrative aux communautés tribales ou autochtones par le biais d’assemblées villageoises. Le responsable chrétien a déclaré que cette loi était désormais régulièrement détournée pour justifier l’exclusion des familles chrétiennes et les restrictions au culte.

Discrimination et violences sexuelles

L’impact du déplacement sur les enfants est grave. « Comme de nombreuses familles ont fui leurs villages, l’éducation de leurs enfants a été complètement perturbée, a expliqué un chrétien local. Même lorsque les enfants parviennent à aller à l’école, ils sont souvent confrontés à de graves discriminations. Les autres élèves refusent de jouer avec eux, de manger avec eux ou de participer à des activités ensemble. En conséquence, les enfants chrétiens subissent l’isolement et le harcèlement, ce qui les conduit parfois à abandonner l’école. »

Les chrétiens locaux se sont également plaints de violences sexuelles à l’encontre des femmes. Une femme identifiée comme Madhuri a déclaré qu’en octobre 2025, quatre hommes s’étaient introduits de force dans la maison de sa famille et avaient agressé sexuellement sa sœur. Lorsque leur mère est intervenue, les agresseurs l’ont battue si violemment que le personnel hospitalier a craint qu’elle ne survive pas.

Lorsque Madhuri et sa sœur se sont rendues au poste de police le plus proche, a-t-elle raconté, leurs agresseurs étaient déjà arrivés avant elles et les ont accusées de troubler l’harmonie sociale. Aucune action judiciaire significative n’a suivi ; seuls deux des quatre hommes ont été placés en détention par la suite. Les trois femmes ont fini par déménager dans une ville où elles luttent pour survivre.

L’inaction de la police

L’inaction de la police est une préoccupation récurrente dans les rapports quasi hebdomadaires que CSI reçoit de ses partenaires locaux, détaillant les expulsions et les violences à l’encontre des chrétiens. Les agents refuseraient systématiquement d’enregistrer les plaintes officielles déposées par des chrétiens. Ils enregistrent également les incidents violents comme des conflits communautaires plutôt que comme des infractions pénales, laissant ainsi les auteurs en dehors de toute responsabilité juridique.

Le BJP, qui a été accusé de promouvoir des sentiments antiminorités parmi la population du Chhattisgarh et d’autres États fédérés, gouverne le Chhattisgarh depuis décembre 2023.

Dans plusieurs villages, des familles chrétiennes se sont vu refuser le droit d’enterrer leurs morts ; des foules auraient perturbé des enterrements et exhumé de force des corps sous le regard de la police, qui n’est pas intervenue.

La Cour suprême de l’Inde a rendu une ordonnance provisoire interdisant l’exhumation et le transfert des corps enterrés, mais les partenaires de CSI indiquent que le refus du droit à l’enterrement par les assemblées villageoises reste courant au Chhattisgarh.

Chrétiens TV

Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien


Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.

Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain. 

Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !


Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales. 

1. Le Journal Chrétien,  un service de presse en ligne reconnu par l’Etat

Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.
La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne. 
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

2. Chrétiens TV, chaîne 483 de Free

Chrétiens TV est une chaîne de télévision chrétienne francophone reconnue par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) et diffusée en continu sur le canal 483 de l’opérateur Free en France ainsi que sur Apple TV, Roku TV, Amazon Fire TV, les applications Chrétiens TV et Free TV (iOS ou Android), les sites Chrétiens TV et https://tv.free.fr
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