Le Parlement appelé à destituer le président pro-Orban
par Krisztina Than
BUDAPEST, 13 juillet (Reuters) – Le Parlement hongrois doit approuver lundi un amendement constitutionnel proposé par le gouvernement visant à évincer le président Tamas Sulyok, que le chef du gouvernement Peter Magyar a qualifié de « marionnette » de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán.
Ce texte intervient après que Peter Magyar a mis fin aux 16 années de pouvoir du nationaliste Viktor Orbán lors d’une victoire écrasante aux élections d’avril. Il s’inscrit dans une série d’initiatives destinées à démanteler les bastions d’influence de Viktor Orbán, pour lesquelles Peter Magyar affirme avoir reçu un mandat clair des électeurs.
Si le président ne dispose que de pouvoirs limités pour opposer son veto aux lois ou demander leur réexamen, il reste une figure symbolique importante.
Le parti Tisza de Peter Magyar dispose d’une supermajorité au Parlement, qui lui permet de modifier la Constitution et de revenir sur des réformes adoptées sous Viktor Orbán et jugées contraires aux principes démocratiques. Le gouvernement a déjà engagé des mesures rapides, suspendant la semaine dernière les journaux télévisés et radiophoniques du service public dans le cadre d’une refonte annoncée pour rendre les médias publics indépendants.
Peter Magyar a écrit samedi sur Facebook que le Parlement adopterait lundi l’amendement constitutionnel pour démettre Tamas Sulyok de ses fonctions.
Si celui-ci ne signe pas le texte dans un délai de cinq jours, une procédure de destitution serait lancée, a-t-il ajouté.
Tamas Sulyok, qui a exercé pendant dix ans comme juge à la Cour constitutionnelle avant d’être nommé président en 2024, affirme ne poursuivre aucun objectif politique.
Il s’est opposé à l’amendement et a sollicité un avis de la Commission de Venise, organe du Conseil de l’Europe chargé d’évaluer la conformité démocratique des révisions constitutionnelles. La Commission ne s’est pas exprimée.
Jeudi dernier, le parti Fidesz de Viktor Orbán a organisé une manifestation de soutien à Tamas Sulyok. Viktor Orbán n’y a pas participé.
Peter Magyar, dont le gouvernement prévoit une réforme constitutionnelle à l’automne, doit s’exprimer devant le Parlement à 13h00 avant le vote sur le projet, qui prévoit également de limiter à 12 ans la durée du mandat des députés. Le texte affirme vouloir garantir « les conditions préalables à la restauration de la démocratie constitutionnelle ».
Dans cette perspective, le Parlement élirait un nouveau président jusqu’à l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution, ou pour une durée maximale de cinq ans.
(version française Nicolas Delame)
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