EN MEMOIRE : Esdras Untorini Madiéga, jusqu’au bout avec Christ.
Ouagadougou. Les 26, 27 et 28 juillet 2026, la communauté chrétienne s’est rassemblée dans la douleur, mais aussi dans l’espérance, pour rendre un dernier hommage à Esdras Untorini Madiéga, rappelé à Dieu à l’âge de 41 ans. De la veillée funèbre tenue à son domicile au culte d’actions de grâce célébré au Temple évangélique Peniel de Sakoula, témoignages et exhortations ont dessiné le portrait d’un homme dont la passion pour Christ, le sens du service et l’amour de l’Évangile constituent un héritage spirituel durable.
La tristesse était perceptible sur tous les visages. Parents, amis, responsables d’Églises, collaborateurs, frères et sœurs en Christ avaient fait le déplacement pour accompagner dans sa dernière demeure celui qui fut tour à tour psychologue, gestionnaire de projets, responsable d’organisation chrétienne, ancien d’Église, intercesseur et évangéliste. Mais au fil des interventions, les larmes ont progressivement laissé place à un profond sentiment de reconnaissance envers Dieu pour une vie que beaucoup ont qualifiée d’exemplaire.
Une vie façonnée par la recherche de l’excellence
Né le 14 octobre 1985 à Fada N’Gourma, Esdras Untorini Madiéga s’est distingué très tôt par son goût pour les études et sa volonté de toujours se perfectionner. Après l’obtention de son baccalauréat série D, il poursuit des études supérieures à l’Université Norbert Zongo de Koudougou où il décroche une licence puis une maîtrise en psychologie de l’éducation.
Animé par le désir de mieux répondre aux défis du développement, il complète ensuite sa formation par un Master II en management et gestion des projets avant d’entreprendre, en 2022, des études de théologie. Pour ceux qui l’ont connu, cette quête permanente de formation ne relevait pas d’une ambition personnelle, mais d’un désir de mieux servir Dieu, l’Église et les communautés.
Le parcours professionnel d’Esdras Untorini Madiéga témoigne également de son engagement envers les populations les plus vulnérables. Pendant plusieurs années, il exerce comme Team Leader au Centre de Développement pour Enfants puis facilitateur avant d’assumer d’autres responsabilités au sein de Compagnon Burkina Faso, où il occupait les fonctions de Secrétaire général.

Dans son témoignage, le pasteur Yonli Kanfidini a rappelé combien son ancien collaborateur plaçait l’humain au cœur de chacune de ses missions. « Les enfants et les familles n’étaient jamais pour lui de simples bénéficiaires d’un programme. Ils étaient des personnes que Dieu lui confiait », a-t-il confié, saluant l’intégrité, la patience et le sens du devoir qui caractérisaient le défunt.
Une passion pour l’Évangile jusqu’au dernier souffle
Au-delà de son parcours professionnel, tous les témoignages ont révélé une même réalité : Esdras Untorini Madiéga était avant tout un homme profondément attaché à Jésus-Christ. Responsable de la cellule d’intercession pendant plusieurs années, premier président de la jeunesse du Temple évangélique Peniel de Sakoula puis ancien de l’Église depuis 2018, il avait fait du service de Dieu le fil conducteur de sa vie.
Le pasteur Yonli Kanfidini, qui l’a côtoyé durant de nombreuses années, a témoigné que la maladie n’avait jamais entamé sa passion pour l’Évangile. Ensemble, ils poursuivaient les campagnes d’évangélisation à Nagréongo et à Pabré. Lorsque ses forces déclinèrent, Esdras organisa des projections de films d’évangélisation dans son quartier, répétant : « Tant que je ne serai pas cloué au lit, je continuerai à servir. »
Hospitalisé au CHU de Bogodogo à Ouagadougou, son unique préoccupation demeurait l’annonce de la Bonne Nouvelle. « Les gens ont besoin d’entendre l’Évangile. Au lieu de rester ici, il vaut mieux qu’on nous libère pour aller évangéliser à Ziniaré », confiait-il depuis son lit d’hôpital, alors qu’une campagne missionnaire était en préparation. « Nous pensions sortir ensemble de l’hôpital pour aller à Ziniaré. Mais Dieu avait un autre rendez-vous pour lui », a conclu, ému, le pasteur Kanfidini. Pour lui, cette passion missionnaire demeurée intacte jusqu’au bout constitue l’un des plus précieux héritages spirituels laissés par Esdras Untorini Madiéga.
Un appel à se préparer à la rencontre avec Dieu
Lors de la veillée funèbre, le pasteur Yonli Kanfidini s’est appuyé sur la parabole des dix vierges (Matthieu 25) pour inviter l’assemblée à la vigilance spirituelle. Rappelant que « notre vie est une vapeur qui paraît pour un peu de temps », il a exhorté chacun à vivre dans une relation authentique avec Dieu, estimant qu’Esdras Untorini Madiéga avait préparé sa rencontre avec le Seigneur. Reprenant les paroles de l’apôtre Paul (2 Timothée 4.7), il a déclaré que le défunt pouvait désormais dire : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. »
Au culte funèbre célébré le 28 juillet au Temple évangélique Peniel de Sakoula, le pasteur titulaire Robert Lompo a prolongé cette exhortation en rappelant, à la lumière des Psaumes 89 et 90, que la mort demeure une réalité universelle à laquelle nul ne peut échapper, quels que soient son âge, sa condition sociale ou ses responsabilités.
Soulignant la brièveté et la fragilité de l’existence humaine, il a lancé à l’assemblée : « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu. » Puis, citant le Psaume 90, il a ajouté : « Enseigne-nous à bien compter nos jours afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. ». « Y a-t-il un homme qui puisse sauver son âme du séjour des morts ? », a-t-il poursuivi, rappelant qu’aucun être humain ne peut se sauver lui-même du séjour des morts. Seul Jésus-Christ, vainqueur de la mort, offre le salut et la vie éternelle à ceux qui mettent leur confiance en lui. « C’est en Jésus que notre frère Esdras avait placé sa confiance », a-t-il déclaré, avant d’inviter ceux qui ne l’avaient pas encore fait à répondre, sans attendre, à l’appel de l’Évangile.
Une famille unie dans l’épreuve
Prenant la parole au nom de la famille, Christian Madiéga, frère du défunt, a livré un témoignage empreint d’émotion et de reconnaissance. Il a retracé les deux années de combat contre la maladie, révélant que les dix enfants de la fratrie avaient organisé des chaînes de prière, d’abord chaque nuit, puis chaque semaine en visioconférence, afin de soutenir leur jeune frère.
Deux semaines avant son rappel à Dieu, toute la famille s’était réunie autour d’Esdras pour un temps de prière et d’actions de grâce. « Malgré son affaiblissement, son visage rayonnait de joie en voyant toute la famille réunie », a-t-il confié. Jusqu’à ses derniers jours, le défunt demeurait convaincu que Dieu pouvait encore accomplir un miracle, puisant son espérance dans l’exemple de Job.
Christian Madiéga a enfin salué le dévouement de l’épouse du disparu, restée fidèlement à ses côtés tout au long de l’épreuve. « Derrière ce témoignage de foi, il y a eu une épouse qui est restée debout jusqu’au bout », a-t-il souligné, invitant les familles chrétiennes à demeurer unies dans la prière et fidèles au cœur de l’épreuve.
Un héritage qui demeure
Époux, père de deux enfants, fils, frère, professionnel respecté et responsable d’Église, Esdras Untorini Madiéga laisse le souvenir d’un homme dont la foi s’exprimait autant dans le service que dans les paroles. Au-delà de la douleur de la séparation, ses obsèques se sont transformées en une vibrante proclamation de l’espérance chrétienne.
Si la voix de celui qui, la guitare sous le bras, déclarait : « Je chanterai jusqu’au bout de mes forces » s’est tue, son témoignage résonne comme une invitation adressée à vivre chaque jour pour Christ, à servir sans relâche tant que Dieu en donne la force et à se tenir prêt pour la rencontre avec le Seigneur.
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Emmanuel LANKOANDE
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