Stellantis prévient que son redressement prendra du temps après un T2 accueilli froidement
par Giulio Piovaccari
MILAN, 30 juillet (Reuters) – Antonio Filosa, directeur général de Stellantis , a prévenu jeudi que la refonte stratégique du groupe ne porterait pas ses fruits du jour au lendemain, après la publication par le quatrième constructeur automobile mondial d’un bénéfice opérationnel inférieur aux attentes au deuxième trimestre, sanctionné en Bourse.
En mai, le groupe né de la fusion entre PSA et FCA a présenté un plan stratégique de 60 milliards d’euros dans le cadre duquel il prévoit de lancer 60 nouveaux modèles d’ici 2030 et de regagner les parts de marché perdues aux Etats-Unis sous la houlette de Carlos Tavares, une dégradation qui avait précipité le départ du prédécesseur d’Antonio Filosa fin 2024.
« Nous avons besoin de temps (…) ce ne sont pas des défis que l’on règle en une nuit », a dit Antonio Filosa au cours d’une téléconférence de presse. « Nous sommes sur la bonne voie (…) nous exécutons le plan correctement et aussi vite que possible. »
A la Bourse de Milan, l’action perdait 5,62% à 4,99 euros vers 14h15 GMT, après avoir plongé de jusqu’à 8% dans les premiers échanges.
Le groupe a annoncé jeudi une hausse de 13% de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre à 43,5 milliards d’euros, en ligne avec un consensus d’analystes établi par Reuters qui donnait 43,4 milliards, grâce notamment au redressement de ses activités en Amérique du Nord (+32%).
Mais si son bénéfice opérationnel ajusté est ressorti à 773 millions d’euros, presque quatre fois la performance du même trimestre de 2025, il est inférieur cette fois au consensus de 914 millions d’euros.
Les analystes de Citi ont indiqué que la marge d’exploitation ajustée de Stellantis restait faible, à 1,8%, et « déconcertante » compte tenu de la forte croissance du chiffre d’affaires d’un trimestre à l’autre.
Ils ont cité comme facteurs défavorables une évolution des prix fortement négative en Europe, la hausse des coûts administratifs et de recherche et développement, des fluctuations monétaires défavorables et les droits de douane.
En Amérique du Nord, la performance de Stellantis a été soutenue par la demande pour les pick-ups Ram et les modèles Jeep à plus forte marge, priorité d’Antonio Filosa pour regagner les clients partis à la concurrence.
Fabio Caldato, gérant de fonds chez AcomeA Sgr, actionnaire de Stellantis, a toutefois souligné que cette bonne performance était aussi due au stockage par les concessionnaires, et il a préconisé un « nettoyage » avant que Stellantis puisse vraiment monter à nouveau en gamme.
En Europe, le chiffre d’affaires a revanche stagné parce que le groupe a baissé ses prix et augmenté ses ventes sur des canaux à fort volume pour accroître ses ventes unitaires et contrer la concurrence des nouvelles marques chinoises.
PRÉVISIONS CONFIRMÉES
Le constructeur automobile franco-italo-américain, qui avait déjà renoué au premier trimestre avec un bénéfice après de lourdes pertes imputables à des charges exceptionnelles liées au remaniement de sa stratégie, a confirmé ses objectifs de redressement pour 2026 et 2027.
Le groupe, dont les free cash flow industriels sont redevenus positifs d’un trimestre sur l’autre, à hauteur d’un milliard d’euros – après une hémorragie de 1,9 milliard au premier trimestre – vise toujours cette année une croissance dans le milieu d’une fourchette à un chiffre de son chiffre d’affaires.
Il table aussi sur une marge opérationnelle dans le bas d’une fourchette à un chiffre et sur une amélioration en 2026 de ses free cash flow industriels, attendus positifs en 2027.
Antonio Filosa s’est attaché à rétablir les volumes de vente et à regagner des parts de marché, pariant sur le fait qu’une reprise des ventes jetterait les bases d’un redressement plus large du groupe.
Stellantis a par ailleurs dit s’attendre à ce que les coûts liés aux droits de douane américains s’élèvent à un total de 1 à 1,2 milliard d’euros en 2026, et a averti que ses résultats du second semestre seraient concentrés sur le quatrième trimestre en raison d’un arrêt de production prévu pendant l’été.
Volkswagen et BMW ont eux aussi publiés des résultats trimestriels décevants à cause de la concurrence chinoise, des droits de douane et de la hausse des coûts, tandis que Renault a fait état de résultats semestriels supérieurs aux attentes.
(Reportage Giulio Piovaccari, avec Gilles Guillaume à Paris, Nick Carey à Londres et Nora Eckert à Detroit, avec Etienne Breban, édité par Bertrand Boucey)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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