Côte d’Ivoire : Chantre Gracieuse Gbaouo, la voix du V baoulé qui célèbre l’Éternel
Avec son premier album, « Liké Popo« , la chanteuse ivoirienne Gracieuse Gbaouo signe une entrée remarquée dans le paysage de la musique chrétienne. Un opus où la louange puise sa sève dans les racines du peuple baoulé et dans un cheminement spirituel de plus de trois décennies.
Il y a des voix qui ne se contentent pas de chanter : elles portent une histoire. Celle de Chantre Gracieuse Gbaouo, servante de Dieu et mère de quatre enfants, s’écrit en lettres de feu entre l’héritage d’une mère chansonnière et l’expérience d’une conversion en 1995. Cette année-là, le Christ entre dans sa vie.
Elle est baptisée aux Assemblées de Dieu de Yopougon-gare, sous l’autorité spirituelle du pasteur Emmanuel Kouassi, l’une des figures pionnières du réveil évangélique en Côte d’Ivoire. Dès lors, sa voix ne lui appartient plus : elle devient une offrande pour le Seigneur.
« Liké Popo », qui signifie en baoulé « les choses éphémères », résume à lui seul une philosophie : tout passe, mais la gloire de Dieu demeure. Un titre-programme, presque un testament, pour celle qui a longtemps mûri son art avant de se décider à le partager. Car, avant d’enregistrer, Chantre Gracieuse Gbaouo a servi.
Au Centre Évangélique de Délivrance et d’Actions Missionnaires (CEDAM), elle dirige pendant deux ans le département de la délivrance des âmes. En 2003, elle cofonde la Mission Évangélique de Guérison et Salut des Âmes (MEGSA) aux côtés de son époux, le prophète Alain Gbaouo Daniel, et de feu l’évangéliste Assiédou Koffi Josué.
Puis, en 2005, elle décroche une licence en théologie à l’école pastorale. Une formation qui infuse chaque ligne de son écriture musicale. Pour elle, la louange n’est pas une performance : c’est une prière amplifiée adressée à Dieu.
L’album, dix titres où se croisent le baoulé, le lingala et le français, dessine une géographie intime et spirituelle. On y entend « N’zambé » (Dieu, en lingala), « Essiablé », « Langue des anges », « Ma destinée », « Sans toi Jésus » ou encore « Seigneur visite-moi ».

Autant de psaumes personnels qui parlent de consécration, de dons spirituels, de parler en langues, de fidélité divine et d’amour du prochain. Autant de thèmes puisés dans son quotidien de femme d’église, à Yopougon Ananeraie, où elle œuvre avec son mari.
Mais, Chantre Gracieuse Gbaouo ne chante pas seulement dans les temples. Elle est aussi Présidente de l’ONG NOE et responsable de la section Yopougon Maroc du Rassemblement des Épouses des Élus de Dieu (REMED).
Des engagements qui donnent à sa musique une chair sociale. La louange, pour elle, s’incarne aussi dans des actes concrets auprès des plus vulnérables.
Avec « Liké Popo », disponible sur commande, l’artiste pose une première pierre. Modeste, elle rêve pourtant plus grand, c’est-à-dire toucher au-delà des frontières ivoiriennes et porter la bonne nouvelle par-delà les langues et les rythmes.
« Liké Popo est un cri d’amour, une offrande à Celui qui rend éternel ce qui est éphémère », confie-t-elle.
À l’écoute, l’évidence s’impose : cette nouvelle voix, ancrée dans la tradition baoulé et tournée vers l’infini, a déjà trouvé sa place dans le ciel de la louange africaine.
Saint Bénifils
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