Macron tente de rassurer sur la réouverture des écoles
PARIS (Reuters) – Face à l’inquiétude des élus et du corps enseignant, Emmanuel Macron s’est efforcé mardi de rassurer sur les conditions de réouverture des écoles en France lundi prochain après huit semaines de fermeture en raison de l’épidémie de coronavirus, le chef de l’Etat assurant qu’il n’y aurait aucune mesure de contrainte.
« Mon objectif, ce n’est pas combien d’écoles, c’est que tous les enfants qui ont besoin de revenir à l’école parce qu’ils sont décrocheurs (….) ou parce que les parents doivent retravailler, puissent trouver une école ouverte », a déclaré le président de la République dans une interview à TF1 et France 2 en marge d’une visite dans une école primaire à Poissy (Yvelines).
« Je veux plutôt une bonne rentrée qu’une rentrée en nombre », a-t-il ajouté. A la question de savoir si des mesures de contraintes étaient envisagées pour les maires ou les enseignants qui refuseraient de rouvrir certaines écoles, il a répondu : « Non, pas du tout, ce n’est pas la philosophie. »
« Les maires, je comprends leur angoisse, leurs questions, leurs inquiétudes. Ils veulent bien faire donc il faut leur laisser le temps et la souplesse », a poursuivi Emmanuel Macron deux jours après la publication d’une tribune de plus de 300 maires d’Ile-de-France appelant à un report de la réouverture des écoles.
Quant au corps enseignant, a-t-il poursuivi, « on ne dira jamais à un enseignant pour qui les conditions (de sécurité sanitaire) ne sont pas remplies ‘vous devez aller travailler' ».
Prévue pour être progressive et sur la base du volontariat, la réouverture des écoles maternelles et primaires à partir du 11 mai est un point de crispations depuis plusieurs jours entre l’exécutif, qui souhaite redémarrer l’activité économique et limiter le « décrochage scolaire », et les élus locaux.
« PAS D’AMNISTIE »
Dans le collimateur des détracteurs d’un déconfinement à partir du 11 mai, le protocole sanitaire dévoilé lundi dont l’application est jugée impossible dans un tel délai par de nombreux maires et les principaux syndicats d’enseignants qui demandent de différer la reprise des cours au 18 mai.
Il y a « un climat général d’inquiétude qui plane dans mon village », a déclaré la maire de Saint-Rémy l’Honoré, Toine Bourrat, lors d’un échange en visioconférence avec Emmanuel Macron. « Moi, maman, je ne remettrais pas mes enfants à l’école. Aujourd’hui, le processus de contamination est encore inconnu. En tant que parent, il n’est pas question de prendre le risque sans plus de connaissance ou d’information sur le virus. »
A l’inverse, le maire de Mantes-la-Jolie, Raphaël Coignet, s’est dit favorable à la réouverture de toutes les écoles, exprimant sa préoccupation face aux « difficultés sociales majeures » à venir.
Certains élus locaux s’inquiètent aussi des risques de poursuite judiciaire et ont demandé ces derniers jours une révision de la loi Fauchon, qui encadre la responsabilité pénale des élus – demande sur laquelle le Premier ministre Edouard Philippe a émis des réserves lundi.
« On ne doit pas donner le sentiment dans cette période où on demande aux citoyens d’être responsables qu’il y aurait une amnistie pour les élus », a abondé mardi Emmanuel Macron. « Par contre je pense qu’il nous faut peut-être préciser par la loi, bien cadrer les choses. »
« Je ne veux pas que les maires faisant leurs devoirs soient menacés ou inquiétés au-delà de ce qui est leur stricte responsabilité », a-t-il ajouté.
(Marine Pennetier, avec pool, édité par Bertrand Boucey)
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