L’économie française accélère sa convalescence post-crise
PARIS (Reuters) – L’économie française a rebondi plus que prévu au deuxième trimestre, après être finalement restée stable sur les trois premiers mois de l’année, une progression supérieure aux attentes qui lui permet de se rapprocher du niveau qui était le sien avant la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19.
Avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) estimée à 0,9% sur la période avril-juin dans la première estimation publiée vendredi par l’Insee, le redémarrage de l’économie française dépasse les anticipations des 29 économistes interrogés par Reuters, qui prévoyaient en moyenne une croissance de 0,8% mais aussi celles de l’Insee, qui tablait sur une progression de 0,7%.
Cette croissance du deuxième trimestre plus marquée que prévu permet au produit intérieur brut (PIB) de la France de combler « plus d’un cinquième de l’écart restant fin 2020 par rapport à son niveau d’avant-crise: il est inférieur de 3,3% au niveau du quatrième trimestre 2019, contre 4,2% aux deux trimestres précédents », observe l’Insee.
« C’est une performance exceptionnelle de l’économie française » qui lui permettra de renouer avec son niveau d’avant-crise au début 2022, a salué Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, sur France inter.
Dans cette publication, l’Insee a également revu l’évolution du produit intérieur brut (PIB) des trois précédents trimestres, le rebond de l’été dernier s’avérant plus marqué que prévu (+18,8% contre +18,5% précédemment), la contraction du quatrième trimestre 2020 étant moins importante qu’initialement annoncé (-1,0% contre -1,5% auparavant) et le premier trimestre 2021 étant finalement marqué par une stabilité du PIB (alors qu’il avait dans un premier temps été annoncé en recul de 0,1%).
A fin juin, l’acquis de croissance pour 2021, à savoir l’évolution du PIB si l’activité stagnait au cours des deux prochains trimestres, se situait à 4,8%, ce qui conforte le scénario gouvernemental d’une croissance de 6% pour l’ensemble de l’année.
La demande intérieure finale (hors stocks) reste le principal moteur de la croissance française au deuxième trimestre, avec une contribution positive au PIB, de 0,9 point (après +0,1 point au trimestre précédent).
OBJECTIFS GOUVERNEMENTAUX CONFIRMÉS
Celle des variations de stocks, généralement volatile, s’est établie à +0,2 point sur la période avril-juin et a permis de compenser celle du commerce extérieur, légèrement négative à -0,1 point.
Dans le détail, les dépenses de consommation des ménages ont accéléré au deuxième trimestre (+0,9% après +0,2%). Après un début de trimestre contrarié par la généralisation du confinement en métropole en avril, la levée des restrictions sanitaires à partir du 19 mai a permis un rebond très rapide et dynamique de ce moteur traditionnel de l’économie française sur la deuxième partie du trimestre.
L’investissement global a également accéléré, affichant une hausse de 1,1% sur la période, après sa hausse de 0,4% sur les trois premiers mois de l’année.
« C’est tout qui repart, c’est la consommation, c’est l’investissement, c’est le moral des entrepreneurs donc ça va nous permettre (…) de retrouver le niveau d’activité d’avant-crise au début de 2022 », a estimé Bruno Le Maire.
Au-delà de la reprise de l’investissement des ménages (qui porte principalement sur la construction de logements), en hausse de 2,7% au printemps après un recul de 1,1% au premier trimestre, l’investissement des entreprises non financières enregistre son quatrième consécutif de progression et reste dynamique, avec une croissance de 0,7% au deuxième trimestre (après +1,0% au trimestre précédent).
Pour Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum Asset Management, ce maintien d’une progression rapide de l’investissement des entreprises, est un « point majeur ».
« Cela prépare de la meilleure façon la période d’après rattrapage, limitant nettement le risque sur la croissance et l’emploi d’après », observe-t-il sur Twitter.
(Reportage Myriam Rivet, édité par Jean-Michel Bélot et Blandine Hénault)
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