Pékin renforce son emprise sur un récif contesté de la mer de Chine méridionale-images satellites
par Greg Torode et Karen Lema
HONG KONG/MANILLE, 15 avril (Reuters) – La Chine a déployé des navires et une barrière pour renforcer son contrôle à l’entrée du récif contesté de Scarborough, en mer de Chine méridionale, montrent des images satellites obtenues par Reuters.
Le récif de Scarborough, l’un des sites maritimes les plus disputés d’Asie, est de longue date au coeur de tensions entre les Philippines et la Chine, et certains diplomates et analystes craignent que les frictions ne dégénèrent en conflit armé.
Alors que les Philippines dépêchent leurs garde-côtes pour soutenir leurs navires de pêche, souvent chassés par des patrouilles chinoises plus imposantes, la Chine a déployé quatre bateaux de pêche, un navire de la marine ou des garde-côtes et une barrière flottante.
Des photographies prises les 10 et 11 avril montrent les bateaux de pêche ancrés le long de l’entrée du récif, ainsi que la barrière flottante qui s’étend en travers de celui-ci sur l’image du 11 avril.
Le fournisseur d’images satellites Vantor, anciennement Maxar Technologies, a déclaré qu’un navire de patrouille de la marine ou des garde-côtes chinois pouvait être aperçu juste à l’extérieur de l’entrée du récif le 10 avril.
Le ministère chinois de la Défense n’a pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaires de Reuters concernant ce déploiement.
UNE ZONE DE PÊCHE TRADITIONNELLEMENT RICHE
Le récif de Scarborough, zone de pêche traditionnellement riche, se trouve entièrement dans la zone économique exclusive (ZEE) des Philippines, mais la Chine le revendique comme faisant partie de son territoire.
L’année dernière, la Chine a approuvé la création d’une réserve naturelle nationale dans cette zone, ce qui a alarmé Manille qui qualifie cette initiative de « prétexte évident à l’occupation ».
Jay Tarriela, porte-parole des garde-côtes philippins, a déclaré mercredi à Reuters que le gouvernement chinois avait installé une barrière flottante de 352 mètres à l’entrée les 10 et 11 avril.
« Six navires de la milice maritime chinoise ont été observés à l’intérieur du récif, tandis que trois autres ont été repérés à l’extérieur, semblant bloquer l’entrée du BDM (Bajo de Masinlóc, nom du récif en tagalog) », a-t-il déclaré.
Il a indiqué que la nouvelle barrière semblait avoir été retirée depuis le week-end, bien que les patrouilles chinoises se poursuivent. De précédentes barrières maritimes chinoises ont été sectionnées par les garde-côtes philippins.
« D’après notre évaluation passée, ils se montrent systématiquement méfiants lorsqu’ils surveillent un groupe de bateaux de pêche philippins », explique Jay Tarriela.
Dix navires des garde-côtes chinois ont été aperçus sur le récif entre le 5 et le 12 avril, a déclaré mardi le porte-parole de la marine philippine, Roy Trinidad.
UNE SOUVERAINETÉ JAMAIS ÉTABLIE
Malgré les revendications concurrentes, Manille n’a jamais formellement établi sa souveraineté sur le récif qui de fait est sous le contrôle de Pékin, même si des bateaux philippins tentent toujours d’y opérer.
En janvier, les forces armées des Philippines et des États-Unis ont navigué ensemble autour du récif lors d’un exercice militaire.
Les engagements militaires entre les deux pays se sont multipliés sous la présidence de Ferdinand Marcos Jr., qui s’est rapproché de Washington en réponse à la présence croissante de la Chine dans les eaux très fréquentées de la mer de Chine méridionale.
Des milliers de soldats des deux pays s’apprêtent à entamer ce mois-ci de nouveaux exercices à grande échelle à travers l’archipel philippin, notamment à Zambales, dont la côte se trouve à environ 120 milles marins du récif de Scarborough.
Selon des diplomates, ces exercices et les tensions plus générales sont suivis de près, dans la crainte que la Chine ne tire parti de l’impression que les États-Unis sont distraits par le conflit avec l’Iran et leurs efforts pour rouvrir la voie maritime vitale du détroit d’Ormuz.
La Chine maintient un déploiement de garde-côtes et de chalutiers sur le récif depuis qu’elle s’en est emparée en 2012, à l’issue d’un bras de fer avec les Philippines.
Manille a déclaré que la Chine exploitait certains chalutiers sur le récif et dans d’autres zones contestées de la mer de Chine méridionale, mais Pékin n’a jamais reconnu ces faits.
Une décision historique rendue en 2016 par la Cour permanente d’arbitrage sur diverses questions relatives à la mer de Chine méridionale a donné raison à Manille, mais l’établissement de la souveraineté sur le récif de Scarborough ne relevait pas de son champ d’application.
La Cour a déclaré que le blocus imposé par Pékin sur ce site violait le droit international, car il s’agissait d’une zone de pêche traditionnelle pour plusieurs pays, dont la Chine, les Philippines et le Vietnam.
(Reportage de Greg Torode à Hong Kong et de Karen Lema à Manille ; avec la rédaction de Pékin ; version française Etienne Breban, édité par Sophie Louet)
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