VIE CHRETIENNE : L’Église SIM de Goudrin alerte sur les addictions
Ce Dimanche 10 mai 2026, l’Église Évangélique SIM de Goudrin à Ouagadougou, a bousculé ses habitudes. En lieu et place de la traditionnelle prédication, l’assemblée a été invitée à un temps d’enseignement et de sensibilisation consacré à un sujet brûlant de notre époque contemporaine : « Les addictions : dangers et impacts (drogues, alcool, pornographie, réseaux sociaux) ». L’enseignement a été animé par Emmanuel LANKOANDE, qui a salué l’initiative des responsables de l’église et leur « vigilance spirituelle face aux défis de la génération actuelle ».
Devant une assemblée attentive, l’orateur a souligné le caractère préventif et éducatif de cette rencontre. « L’objectif de cet enseignement n’est pas de juger ni de condamner, mais d’informer et d’éveiller les consciences, car l’information éclaire et protège », a-t-il déclaré, en s’appuyant sur Osée 4 :6 : « Mon peuple périt faute de connaissance. »

Les adolescents
« Les addictions : des prisons silencieuses »
Dans son introduction, l’ancien Emmanuel LANKOANDE a dressé un constat sans complaisance : celui d’un monde hyperconnecté où tout semble accessible, mais où les dangers restent souvent silencieux. Drogue, alcool, pornographie et réseaux sociaux ont été présentés comme des réalités qui commencent souvent par la curiosité ou le divertissement, avant d’évoluer vers une véritable dépendance destructrice. « Le problème n’est pas seulement de savoir si c’est permis, mais de savoir si cela nous contrôle », a-t-il fait remarquer.
Il a défini l’addiction comme une dépendance qui échappe progressivement au contrôle de l’individu. Elle peut être liée à des substances, comme la drogue ou l’alcool, mais aussi à certains comportements, notamment les réseaux sociaux, les jeux ou la pornographie. Selon lui, toutes les addictions ont un point commun : elles finissent par prendre le contrôle de la vie de la personne, affectant sa santé, ses relations, ses études et sa vie spirituelle.

La responsable du département Ados, Mme Yonli Rosine, a souligné l’urgence d’un tel enseignement
La drogue : un fléau aux conséquences multiples
Une large partie de l’enseignement a été consacrée à la drogue, décrite comme une substance qui agit directement sur le cerveau, altère le comportement et détruit progressivement la santé physique et mentale. Le conférencier a rappelé que le corps humain est « le temple du Saint-Esprit », (1 Corinthiens 6 :19).
Selon lui, les conséquences de la consommation dépassent largement l’individu. Elle fragilise les familles, favorise l’échec scolaire, la délinquance et peut conduire à des maladies graves ou à des décès précoces. Ce fléau, autrefois perçu comme lointain, touche aujourd’hui tous les milieux sociaux sans distinction.
L’intervenant LANKOANDE a également mis en lumière le coût économique considérable des addictions, capable de ruiner des vies et des familles sur le long terme. « Trois bières par jour, c’est 54 000 FCFA par mois, soit plus de 22 millions en 35 ans. Le tabac sur 60 ans représente près de 38 millions de FCFA, l’équivalent d’une villa », a-t-il illustré.

Au-delà des effets physiques et psychologiques, le communicateur a insisté sur les conséquences spirituelles des addictions, qui éloignent progressivement le croyant de la prière, de la lecture biblique, de la communion fraternelle et de Dieu. Les conséquences sociales ont également été évoquées : violences, vols, prostitution, insécurité voire terrorisme, chômage, déscolarisation et désintégration du tissu familial.
Les réseaux sociaux : entre outil et piège
Les réseaux sociaux ont été présentés comme des outils incontournables, mais ambivalents. S’ils facilitent la communication et peuvent servir à l’évangélisation, ils sont aussi devenus des sources importantes de distraction, d’addiction silencieuse et de dérive morale.
Un accent particulier a été mis sur TikTok, décrit comme une plateforme extrêmement addictive. Selon l’exposant, son fonctionnement est conçu pour capter l’attention et maintenir l’utilisateur connecté pendant de longues heures. Le temps y disparaît, la concentration s’effrite et les valeurs peuvent être influencées progressivement sans que l’utilisateur ne s’en rende compte. Cette dépendance numérique entraîne souvent une baisse du rendement scolaire, l’isolement, le manque de sommeil et la fragilisation des relations familiales.

La pornographie : une menace spirituelle et mentale
L’accès facilité aux contenus pornographiques via les réseaux sociaux constitue, selon le conférencier, l’un des dangers les plus préoccupants pour la jeunesse.
La pornographie agit sur la pensée, déforme la perception de l’amour et installe une dépendance intérieure difficile à briser. Elle laisse souvent derrière elle un sentiment de vide, de honte et de lutte spirituelle, affectant aussi bien la moralité que la stabilité émotionnelle et spirituelle de la personne.
Responsabilité des jeunes, des parents et de l’Église
Face à ces défis, le conférencier a insisté sur une responsabilité partagée. Les jeunes sont appelés à développer la maîtrise de soi, à choisir leurs fréquentations et à construire des objectifs de vie solides. Les parents, quant à eux, doivent jouer un rôle actif dans l’encadrement, le dialogue, la vigilance au sein du foyer et la prière en faveur de leurs enfants.
L’Église, enfin, est invitée à demeurer un espace d’enseignement, de sensibilisation et d’accompagnement, capable d’aider les fidèles à discerner les enjeux du monde moderne à la lumière de la Parole de Dieu.

Un appel à la vigilance collective
En conclusion, l’ancien Emmanuel LANKOANDE a appelé l’Église, les familles, les éducateurs et l’ensemble de la société à unir leurs efforts pour lutter contre les addictions et accompagner les adolescents et les jeunes. « Prévenir aujourd’hui, c’est sauver des vies demain », a-t-il insisté.
Le message final s’est voulu porteur d’espérance pour les personnes déjà confrontées à une dépendance. « Même au cœur de l’addiction, il existe encore l’espoir, le pardon et la délivrance en Jésus-Christ », a-t-il souligné.
Enfin, s’appuyant sur Jean 8 :36 : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres », l’enseignant du jour a rappelé que la restauration et la délivrance demeurent accessibles à toute personne qui se tourne vers Jésus-Christ, et que nul n’est définitivement prisonnier de ses habitudes ou de ses luttes intérieures.
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Emmanuel LANKOANDE
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