Le Japon veut réorienter les fonds de pension publics vers des actifs nationaux
par Makiko Yamazaki et Leika Kihara
10 juillet (Reuters) – La ministre japonaise des Finances a déclaré vendredi que l’objectif du gouvernement était d’orienter les fonds de pension publics du pays vers une augmentation « substantielle » des investissements dans des actifs nationaux.
« Nous souhaitons mettre en oeuvre des mesures qui encourageraient les fonds de pension, y compris le GPIF, à investir de manière nettement plus importante dans les actifs financiers japonais », a déclaré Satsuki Katayama lors d’une conférence de presse.
Le GPIF japonais, le plus grand fonds de pension public au monde, gérait 293.600 milliards de yens (1.570 milliards d’euros) d’actifs à fin mars, et tout changement dans sa stratégie de portefeuille aurait des répercussions sur l’ensemble des marchés financiers mondiaux.
Les déclarations de la ministre soulignent à quel point Tokyo cherche de toute urgence des moyens de stabiliser les marchés, les responsables japonais étant confrontés à des interrogations croissantes concernant les pressions inflationnistes, la stabilité des marchés des changes et de la dette souveraine, ainsi qu’aux craintes liées aux perspectives budgétaires du pays.
Le GPIF maintient actuellement une répartition plus ou moins équilibrée entre les actions et les obligations nationales et étrangères.
Son portefeuille a fait l’objet d’une profonde restructuration en 2014 sous le mandat de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, ce qui a permis d’augmenter ses positions en actions et autres actifs plus risqués.
Plus récemment, en 2020, le GPIF a porté sa part d’obligations étrangères de 15% à 25% et réduit celle des obligations nationales à faible rendement de 35% à 25%.
Un porte-parole du GPIF a refusé de commenter les propos de Satsuki Katayama.
Le GPIF a pour mandat d’investir exclusivement dans l’intérêt des bénéficiaires des retraites et ne peut pas utiliser ses actifs pour servir les objectifs politiques du gouvernement.
« Ce n’est pas une décision que je peux prendre seule, mais le gouvernement s’efforcera de discuter de cette question tout en recherchant un consensus en interne », a déclaré Satsuki Katayama.
La perspective de voir le GPIF injecter davantage de capitaux dans des obligations libellées en yens et d’autres actifs nippons a entraîné vendredi une appréciation du yen, qui s’est pourtant fortement affaibli ces derniers mois, ainsi que des obligations d’État japonaises.
(Reportage de Makiko Yamazaki et Leika Kihara ; avec la contribution de David Dolan, Satoshi Sugiyama, Tamiyuki Kihara et Rae Wee ; version française Diana Mandia, édité par Sophie Louet )
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


