L’attaque d’Israël au Qatar menace la normalisation des liens avec les pays arabes, vont prévenir ceux-ci
par Jana Choukeir et Andrew Mills
DOHA (Reuters) – Les dirigeants de pays arabes et musulmans vont prévenir que l’attaque au Qatar et les autres « actions hostiles » d’Israël menacent leur coexistence et les efforts destinés à normaliser les liens dans la région, montre un projet de résolution préparé en amont d’un sommet lundi de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).
Ce sommet est organisé à Doha en guise de soutien au Qatar à la suite de l’attaque menée mardi par Israël avec l’objectif de tuer des dirigeants du Hamas, dont le bureau politique se trouve dans la capitale qatarie, laquelle a également accueilli de multiples cycles de négociations indirectes entre Israël et le mouvement armé palestinien pour mettre fin à la guerre à Gaza.
A la suite de ces frappes, dans laquelle six personnes ont été tuées (mais aucun dirigeant du Hamas selon le groupe palestinien), les pays du Golfe ont resserré les rangs, avec pour effet de peser dans les relations entre les Emirats arabes unis et Israël, qui ont normalisé en 2020 leurs liens diplomatiques sous l’égide de l’administration du président américain Donald Trump, dont c’était alors le premier mandat.
Il est écrit dans un extrait du projet de résolution du sommet, que Reuters a pu consulter dimanche, que « la brutale attaque israélienne au Qatar et la poursuite des actions hostiles d’Israël dont le génocide, le nettoyage ethnique, la famine, le siège et les activités coloniales menacent les perspectives de paix et de coexistence dans la région ».
Ces agissements mettent en danger « tout ce qui a été réalisé sur le chemin de la normalisation des liens avec Israël, dont les accords actuels et des accords futurs », est-il ajouté dans le document, préparé lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères en amont du sommet.
Israël est accusé de commettre un génocide contre les Palestiniens dans la bande de Gaza, ce que l’Etat hébreu nie, disant agir en légitime défense.
L’armée israélienne mène un siège total de l’enclave palestinienne depuis près de deux ans en réponse à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 lors de laquelle 1.200 personnes ont été tuées et 250 autres enlevées, selon les données israéliennes.
Plus de 64.000 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la campagne militaire israélienne dans l’enclave, d’après les autorités locales.
Alors que l’attaque au Qatar a été condamnée dans la région et au-delà, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a maintenu la pression sur Doha à propos de l’accueil des dirigeants du Hamas, demandant mercredi que ceux-ci soient expulsés ou « traduits devant la justice ». « Si vous ne le faites pas, nous le ferons », a ajouté le dirigeant israélien.
Benjamin Netanyahu a déclaré samedi que se « débarrasser » des responsables du Hamas qui résident au Qatar permettrait de lever le principal obstacle à la conclusion d’un cessez-le-feu à Gaza et à la libération des otages encore détenus dans l’enclave.
Le Qatar, au rôle de médiation crucial dans les négociations sur un accord de paix, a reproché à Israël de volontairement saboter toute chance de parvenir à un accord, accusant également Benjamin Netanyahu de pratiquer un « terrorisme d’Etat ».
Au cours d’une allocution télévisée prononcée dimanche, le Premier ministre qatari Cheikh Mohammed ben Abdoulrahman al-Thani a déclaré que les actions d’Israël ne mettraient pas fin aux efforts de médiation menés par le Qatar au côté de l’Egypte et des Etats-Unis.
Donald Trump a exprimé lors de la semaine écoulée son mécontentement à l’égard de l’opération israélienne à Doha, déclarant que cette attaque ne faisait avancer ni les objectifs d’Israël ni ceux des Etats-Unis, dont la principale base militaire au Proche-Orient se trouve au Qatar.
Les Emirats arabes unis, parmi les signataires en 2020 des accords dits Abraham chapeautés par Washington pour normaliser les liens entre des pays arabes et Israël, ont convoqué vendredi l’ambassadeur adjoint d’Israël à la suite de l’attaque au Qatar et de commentaires considérés comme hostiles effectués par Benjamin Netanyahu.
(Reportage Jana Choukeir et Andrew Mills; version française Florence Loève et Jean Terzian)
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