JO 2026/Ski acrobatique: « Tout est du bonus », Perrine Laffont retrouve les Jeux sans pression
PARIS, 9 février (Reuters) – Quatre ans après son immense déception, au pied du podium des Jeux de Pékin, la skieuse de bosses Perrine Laffont retrouve mardi la scène olympique qui l’avait révélée au grand public lors de son titre à 19 ans, à Pyeongchang 2018 (Corée du Sud), après une olympiade qui n’a pas été de tout repos.
En Chine, lors de ses troisièmes Jeux olympiques, l’Ariégeoise de 27 ans était tombée de haut, passée à seulement 0,36 point du podium, un écart infinitésimal et des larmes qui ne cessaient de couler.
Triple championne du monde à l’époque – elle a désormais ajouté trois sacres supplémentaires – et championne olympique en titre, elle était particulièrement attendue par le public tricolore et la déconvenue avait été difficile à digérer.
« Depuis 2018, j’avais été vachement médiatisée, peut-être même un peu trop, et maintenant, j’ai un peu plus besoin d’être dans une bulle, dans un cocon, pour me couper de tout ça », a-t-elle expliqué dimanche depuis Livigno (Italie), en conférence de presse. « C’est comme ça que j’aime fonctionner et que je me sens le mieux. »
La triple lauréate du classement général de la Coupe du monde (2019, 2020 et 2023) avait décidé de faire l’impasse sur la saison 2023-2024 pour se régénérer physiquement et mentalement, conserver de la fraîcheur et de l’envie. Depuis, elle a aussi drastiquement réduit les sollicitations médiatiques.
« Je me montre un peu en compétition. Puis après je retourne me mettre dans mon petit cocon », sourit-elle.
Perrine Laffont l’assure, elle arrive désormais à se détacher des résultats, qui sont encore à la hauteur de son talent à l’image de son sixième titre de championne du monde acquis en mars dernier.
« J’ai vachement évolué en termes de maturité et ma carrière est déjà très belle. Le sixième titre au championnat du monde est venu mettre une belle cerise sur mon gâteau », dit-elle. « On a toujours envie de plus de performances mais en même temps, si ma carrière devait s’arrêter là, j’en serais tellement heureuse, reconnaissante et fière. »
« J’avais rêvé d’être championne olympique, j’avais rêvé d’être championne du monde, je l’ai fait, j’ai bouclé la boucle depuis 2021 déjà. »
En 2021, la Tricolore avait décroché son troisième sacre mondial mais le premier en ski de bosses après deux succès sur l’épreuve en parallèle.
« Une carrière d’athlète n’est pas forcément représentée au nombre de médailles qu’il a eues, mais aussi comment elle a été gérée, au nombre de fois où l’athlète a échoué et réussi à se relever », estime-t-elle.
« ÇA VA ÊTRE BEAU À VOIR »
La Pyrénéenne a encore connu ça tout récemment, victime d’une contusion osseuse au genou droit en décembre, deux mois avant l’échéance olympique. Si elle a remporté la manche de Coupe d’Europe de Megève (Haute-Savoie) fin janvier, elle fera véritablement son retour à la compétition de haut niveau lors de ces Jeux.
« Tout va bien », a-t-elle rassuré au sujet de son genou.
Son amie et coéquipière Camille Cabrol la sent « plutôt bien ». « C’est l’une des meilleures de notre sport. Elle est en forme physiquement, donc ça va être beau à voir », a-t-elle confié dimanche en conférence de presse.
Pour ses quatrièmes Jeux – elle avait été 14e à Sotchi (Russie) en 2014 -, Perrine Laffont aura deux occasions d’ajouter une nouvelle ligne à son palmarès puisque le ski de bosses en parallèle a intégré cette année le programme olympique.
« Tout ce qui m’arrive maintenant, c’est vraiment du bonus », conclut la deuxième championne olympique française de la discipline après Edgar Grospiron en 1992 à Albertville (Savoie).
Les qualifications du ski de bosses ont lieu mardi avant une éventuelle finale le lendemain.
(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Augustin Turpin)
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