Les ministères allemands priés de fermer leurs pages Facebook
BERLIN (Reuters) – Le commissaire fédéral allemand pour la protection des données a ordonné mardi aux ministères et agences gouvernementales de fermer leurs pages Facebook d’ici à la fin de l’année, le réseau social n’ayant pas modifié ses pratiques pour se conformer aux lois sur la protection de la vie privée.
Dans une lettre qu’il leur a adressée ce mois-ci, Ulrich Kelber souligne que Facebook n’a fourni aux institutions aucun moyen de gérer spécifiquement ses pages – auxquelles les utilisateurs peuvent s’abonner par un simple bouton « j’aime » – dans le respect de la réglementation européenne.
Ulrich Kelber ajoute que les applications Clubhouse, TikTok et le site Instagram, propriété de Facebook, semblent également présenter des manquements similaires et recommande aux organisations gouvernementales de ne pas les utiliser avant la fin de son enquête.
Ni Facebook, ni Clubhouse, ni TikTok n’ont répondu dans l’immédiat à des demandes de commentaire.
La page officielle https://www.facebook.com/Bundesregierung du gouvernement allemand sur Facebook compte plus d’un million d’abonnés et la plateforme est devenue un moyen de communication de plus en plus important pour l’exécutif fédéral.
Mais Ulrich Kelber juge qu’il est impossible de gérer une telle page en évitant que les données personnelles de ses abonnés soient transmises aux Etats-Unis.
En vertu de la réglementation européenne, les données personnelles ne peuvent quitter l’UE que pour des pays où les règles sur la protection de la vie privée sont les mêmes, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis.
Le gouvernement allemand a tenté d’obtenir des garanties supplémentaires de la part de Facebook mais le géant du numérique ne les a pas fournies, ajoute le commissaire fédéral.
« Face à la poursuite de la violation de la protection des données personnelles, il n’y a pas de temps à perdre », écrit-il dans sa lettre. « Si vous avez une fan page, je recommande fortement que vous la désactiviez d’ici la fin de l’année. »
(Reportage Thomas Escritt; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Nicolas Delame)
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