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L’Etat reprendra 10 milliards d’euros de dette des hôpitaux sur trois ans

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PARIS (Reuters) – L’Etat compte reprendre 10 milliards d’euros de dette des hôpitaux français sur trois ans à partir de 2020 dans le cadre du plan d’urgence visant à répondre à la crise des hôpitaux, a annoncé mercredi Edouard Philippe.

L’objectif, « c’est de permettre à l’hôpital public de regagner des marges de manœuvres (…) pour faire en sorte qu’il fonctionne mieux, pour faire en sorte que ceux qui le font vivre puissent avoir des perspectives », a déclaré le Premier ministre lors d’une conférence de presse.

La dette des hôpitaux publics, qui s’élève à 33 milliards d’euros selon l’Insee, a augmenté de 40% en dix ans, tandis que l’investissement hospitalier a été divisé par deux sur la même période.

Emmanuel Macron avait promis jeudi dernier à l’issue d’une nouvelle journée de mobilisation du personnel soignant un « plan d’action renforcé » avec des moyens plus importants qu’initialement prévu pour les services de santé.

Le budget de l’assurance maladie pour les hôpitaux augmentera ainsi de 1,5 milliard d’euros supplémentaires sur les trois prochaines années, dont 300 millions dès 2020, a précisé le Premier ministre.

Les dépenses hospitalières devraient donc augmenter de 2,4% l’an prochain contre une hausse de 2,1% initialement prévue.

Cette enveloppe supplémentaire permettra de financer notamment une prime annuelle de 800 euros pour les infirmiers et aides-soignants de la région parisienne gagnant moins de 1.950 euros nets par mois ainsi qu’une prime mensuelle de 100 euros pour les aides-soignants formés à la prise en charge des personnes âgées.

Sur les trois prochaines années, 150 millions d’euros seront par ailleurs fléchés vers l’investissement courant pour répondre au besoin d’investissement quotidien des hôpitaux.

COLÈRE DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ

Les modalités de recrutement seront également simplifiées afin de réduire les délais et permettre les remplacements en cas de vacance de poste.

Des campagnes de contrôle seront finalement lancées fin 2019 au sujet de l’intérim, qui coûte très cher au système de santé et s’est déployé depuis plusieurs années dans des conditions « devenues insoutenables », selon la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

« Dans toute la France (…) les médecins hospitaliers, infirmières, aides-soignantes nous disent que l’hôpital décroche », a expliqué Edouard Philippe. « Nous avons entendu leur colère, nous avons entendu leur épuisement, nous avons entendu leur désarroi ».

Ces mesures ne sont toutefois pas parvenues à calmer la colère des treize associations et syndicats mobilisés le 14 novembre qui jugent que les annonces « sont très loin de répondre aux attentes des personnels ».

Dans un communiqué commun, elles réclament une augmentation d’au moins 4% des dépenses d’assurance-maladie dès 2020, des effectifs supplémentaires, la revalorisation générale des salaires, l' »arrêt de toutes les fermetures des établissements et de service », ainsi que la « réouverture » de lits « là où cela est nécessaire ».

Elles appellent d’ores et déjà à se mobiliser le 17 décembre pour une journée de grève et de manifestation. Une journée de sensibilisation des professionnels et du grand public se tiendra également le 30 novembre.

Parmi les auteurs figurent les collectifs Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux, et Inter-Blocs, l’Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF), l’Action praticiens hôpital (APH), la CFDT, CGT, SUD, CFE-CGC, CFTC et UNSA.

Née le 18 mars dernier à l’hôpital parisien Saint-Antoine à la suite d’un acte de violence envers des soignants, la contestation s’est étendue depuis à tout le pays et à de nombreux services des hôpitaux. Selon le collectif Inter-Urgences, 268 services d’urgences sur 650 étaient en grève le 11 novembre dernier.

Le gouvernement a présenté à trois reprises – en juin, le 2 septembre et le 9 septembre – une série de dispositions, sans parvenir jusqu’à présent à éteindre la colère.

(Avec la contribution de Bertrand Boucey et Henri-Pierre André, édité par Jean-Michel Bélot)

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