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BURKINA FASO/TRANSITION : Ibrahim Traoré entre autorité et « révolution des consciences »

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En déplacement dans la région du Nord, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a livré, le jeudi 16 juillet 2026 à Ouahigouya, un discours de plusieurs heures devant les forces vives. Entre recadrage des spéculations sur la Transition, sécurité, gouvernance, développement, religion et souveraineté africaine, le chef de l’État a réaffirmé sa ligne de conduite : une autorité assumée, une discipline sans concession et une mobilisation générale pour bâtir un Burkina Faso souverain. Les temps forts du discours.

Avant d’aborder les grands enjeux de la Transition, le président du Faso a invité l’assistance à saluer, par de longs applaudissements, les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) engagés sur les différents théâtres d’opérations. Il a également rendu hommage aux blessés et aux soldats tombés au champ d’honneur, estimant que leur sacrifice demeure le socle de la reconquête du territoire national.

« Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau »

L’un des moments forts de son intervention a porté sur les commentaires faisant état de prétendues rivalités au sommet de la Transition et sur les comparaisons avec les événements d’octobre 1987. Ibrahim Traoré a rejeté toute analogie avec la période ayant conduit Thomas Sankara au pouvoir, rappelant que les circonstances de son accession à la magistrature suprême sont, selon lui, totalement différentes. « Moi, je n’étais pas en prison et que quelqu’un venait me chercher pour me mettre au pouvoir. Quand j’ai quitté avec mes hommes, j’étais en tête. Il n’y avait pas un seul soldat devant moi. Ce n’est pas la même chose », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État a également balayé les spéculations évoquant l’existence d’un « numéro 1 » et d’un « numéro 2 » au sein de la Transition. « Il n’y a ni numéro 1, ni numéro 2. Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau », a-t-il martelé, estimant que chacun de ses collaborateurs accomplit une mission précise et qu’aucune compétition de leadership ne saurait être tolérée. Il a, dans la même veine, mis en garde contre les discours susceptibles de créer des « hommes forts » autour de lui, jugeant que de telles interprétations risquent de fragiliser la cohésion des institutions.

Une gouvernance fondée sur la discipline

Le président du Faso a ensuite exposé sa conception de l’exercice du pouvoir, qu’il dit fondée sur la discipline, la rigueur et la responsabilité. Il a prévenu qu’aucun collaborateur ne bénéficierait d’un traitement de faveur en cas d’écart. « J’ai une mission. Eux tous suivent la mission. C’est pour cela qu’on est là. Et si quelqu’un merde, je vais te mater, sans état d’âme », a-t-il lancé, dans une formule qui a suscité de nombreuses réactions dans l’assistance.

Poursuivre la reconquête et accélérer le développement

Sur le front sécuritaire, Ibrahim Traoré a salué les progrès accomplis par les forces combattantes dans la reconquête de plusieurs localités et axes stratégiques. Il a réaffirmé sa détermination à poursuivre les opérations jusqu’au rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, appelant les populations à maintenir leur soutien aux FDS et aux VDP.

Répondant aux préoccupations des habitants de la région, le chef de l’État a également annoncé la poursuite des investissements dans les infrastructures routières, l’accès à l’eau potable, les universités et la formation professionnelle. Il a assuré que les programmes gouvernementaux continueront de prendre en compte les besoins des personnes vivant avec un handicap ainsi que ceux des personnes âgées.

Produire localement pour renforcer la souveraineté

Une part importante de son intervention a été consacrée aux enjeux économiques. Le président a exhorté les Burkinabè à transformer localement les matières premières, à consommer davantage de produits nationaux et à soutenir l’industrialisation du pays. Selon lui, le développement durable du Burkina Faso passe par la valorisation des ressources nationales, le savoir-faire local et un engagement accru des opérateurs économiques dans les réformes engagées.

Jeunesse, religion et confiance en l’Afrique

S’adressant aux élèves et aux étudiants, Ibrahim Traoré les a invités à croire en leur potentiel et à s’investir dans la recherche scientifique, l’innovation et les technologies afin de concevoir des solutions adaptées aux réalités nationales.

Il a également réaffirmé son respect pour toutes les confessions religieuses, tout en mettant en garde contre les discours de nature à compromettre la cohésion sociale ou à alimenter les divisions.

Évoquant enfin les défis de l’Afrique, le président a raconté une conversation avec un responsable occidental qui lui aurait affirmé que « le Noir est maudit » et incapable de conduire durablement un projet d’émancipation. Rejetant cette vision, il a appelé les Africains à retrouver confiance en eux-mêmes, à mieux connaître leur histoire et à bâtir leur développement en s’appuyant sur leurs propres ressources. Pour le chef de l’État, la souveraineté ne pourra être pleinement réalisée que par une véritable « révolution des consciences », fondée sur le patriotisme, la discipline, le travail et la confiance dans les capacités des peuples africains.

Pour le Journal Chrétien

Emmanuel LANKOANDE

Source : Discours du Président à Ouahigouya

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