Venezuela: La présidente par intérim dit vouloir coopérer avec les États-Unis
5 janvier (Reuters) – La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, appelle dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux les États-Unis à participer à l’élaboration d’un programme de coopération entre les deux pays après l’enlèvement du président Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines.
Dans ce texte au ton conciliant, l’ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro souligne que le Venezuela « aspire à vivre sans menaces extérieures » et dit souhaiter donner la priorité à l’établissement de relations équilibrées et respectueuses avec les États-Unis.
Menacée dimanche soir par Donald Trump, Delcy Rodriguez invite Washington à travailler à « un programme de coopération orienté vers le développement partagé dans le cadre du droit international ».
« Le président Donald Trump, nos peuples et notre région méritent la paix et le dialogue, pas la guerre », a-t-elle déclaré.
Delcy Rodriguez, également ministre du Pétrole, est depuis longtemps considérée comme la membre la plus pragmatique du cercle restreint de Nicolas Maduro. Donald Trump avait estimé qu’elle était disposée à collaborer avec les États-Unis.
Elle a malgré tout publiquement qualifié l’arrestation de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores d’enlèvement et a déclaré que le président vénézuélien restait le dirigeant légitime du pays.
Ses commentaires interviennent alors que Donald Trump a déclaré dimanche aux journalistes qu’il pourrait ordonner une nouvelle frappe si le Venezuela ne coopérait pas avec les efforts américains visant à ouvrir son industrie pétrolière et à mettre fin au trafic de drogue.
Nicolas Maduro doit comparaître lundi devant un juge fédéral à New York, celui-ci étant accusé par Washington de « narcoterrorisme ».
Donald Trump a également justifié l’arrestation de Nicolas Maduro par l’afflux d’immigrants vénézuéliens aux États-Unis et par la décision du pays de nationaliser les intérêts pétroliers américains il y a plusieurs décennies.
« Nous récupérons ce qu’ils ont volé », a-t-il déclaré à bord d’Air Force One alors qu’il rentrait dimanche à Washington depuis la Floride. « Nous sommes aux commandes. »
Le président américain a également expliqué que les compagnies pétrolières américaines retourneront au Venezuela pour reconstruire l’industrie pétrolière du pays.
« Elles vont dépenser des milliards de dollars et elles vont extraire le pétrole du sol », a-t-il déclaré.
INTERROGATIONS SUR LA LÉGALITÉ DE L’ARRESTATION
Nicolas Maduro est considéré comme un dictateur illégitime par les États-Unis et son procès pourrait ne pas avoir lieu avant plusieurs mois. Il nie toute malversation.
S’il dispose de peu d’alliés sur la scène internationale, de nombreux pays ont remis en question la légalité de son arrestation et ont appelé les États-Unis à respecter le droit international.
Le Conseil de sécurité des Nations unies prévoit de se réunir ce lundi pour discuter de ce que le secrétaire général de l’organisation António Guterres a qualifié de dangereux précédent.
La Russie et la Chine, deux soutiens majeurs du Venezuela, ont critiqué les États-Unis et son opération. Le ministère chinois des Affaires étrangères a appelé lundi à la libération immédiate de Nicolas Maduro.
A Washington, l’opération américaine soulève également des questions, notamment dans le camp démocrate. Le secrétaire d’État Marco Rubio doit informer les responsables parlementaires au Capitole plus tard dans la journée de lundi.
L’arrestation de Nicolas Maduro, qui a dirigé le Venezuela pendant plus de 12 ans, pourrait conduire à une déstabilisation de ce pays de 28 millions d’habitants.
L’économie du pays s’est effondrée au cours des 20 dernières années, poussant environ un Vénézuélien sur cinq à s’exiler à l’étranger.
(Rédigé par Neil Fullick, version française Tangi Salaün et Etienne Breban, édité par Blandine Hénault)
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