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Marco Rubio en tournée au Moyen-Orient pour convaincre des alliés du Golfe sceptiques sur l’accord avec l’Iran

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par Gram Slattery

ABOU DHABI, 24 juin (Reuters) – Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu mercredi avec de hauts responsables des Émirats Arabes Unis (EAU) dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient cherchant à rassurer les alliés du Golfe qui considèrent que l’accord de paix avec l’Iran est trop indulgent envers un État qui les a attaqués pendant la guerre.

Le protocole accord entre les États-Unis et l’Iran conclu la semaine dernière – le premier signé par un président américain et un président iranien depuis la révolution islamique de 1979 en Iran – prévoit notamment la création d’un fonds de 300 milliards de dollars (264 milliards d’euros) et la levée de certaines sanctions.

Ce protocole d’accord en 14 points définit les grands principes d’un ​accord visant à mettre fin à la ‌guerre, ouvrant la voie à 60 jours de négociations destinées à régler les détails les plus épineux, notamment les questions ​liées au programme nucléaire iranien.

Arrivé mardi en fin de ⁠journée à Abou Dhabi, la capitale des EAU, pour une tournée de trois jours dans la région, Marco Rubio effectue sa première mission diplomatique de haut ‌niveau pour expliquer l’accord entre Washington et Téhéran visant ‌à mettre fin à la guerre de quatre mois entre les États-Unis et Israël à l’Iran.

Marco Rubio a participé à un déjeuner de travail avec le président des EAU, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, ainsi qu’avec d’autres personnalités de haut rang, notamment le conseiller à la sécurité nationale, le cheikh Tahnoun bin Zayed Al Nahyan, et le ministre des Affaires étrangères, le cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan.         RUBIO ​ABORDERA LES PRÉOCCUPATIONS RÉGIONALES

Interrogé lors de son arrivée s’il avait l’intention de répondre aux inquiétudes des alliés des Etats-Unis au sujet de l’accord, le secrétaire d’Etat a déclaré aux journalistes : « Ce sujet sera très certainement abordé lors de ces discussions », ajoutant qu’ils ajouté qu’ils évoqueraient également de questions non couvertes par le protocole d’accord.

Le chef de la diplomatie américaine s’est largement tenu à l’écart des discussions relatives à l’Iran ces dernières semaines, le vice-président JD Vance ayant été mandaté pour une série de pourparlers avec ses homologues iraniens ce week-end en Suisse.

Outre les Émirats Arabes Unis, Marco Rubio se rend également au Koweït. Ces deux pays abritent des bases militaires américaines stratégiques et ont tous deux été touchés par des missiles iraniens pendant la guerre, avec des victimes ⁠civiles à la clef.

Les Émirats Arabes Unis sont confrontés à de graves difficultés économiques, la guerre ayant poussé certains expatriés – le cœur battant de la partie non-pétrolière de l’économie du pays – à fuir, remettant ainsi en cause l’image de pôle ⁠de stabilité dans un Moyen-Orient en proie à des convulsions que le régime aime projeter.

La semaine dernière, Reuters a rapporté que l’Iran avait mis en place de nouvelles cellules secrètes en Irak pour mener des attaques contre les pays du Golfe, notamment le Koweït et les EAU. Ces cellules ont mené au moins sept attaques de drones contre des sites au Koweït, aux Émirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite entre avril et mai.

Les propos de Marco Rubio lors de sa tournée dans la région seront scrutés de près pour voir comment cet homme, autrefois connu pour ses positions bellicistes à l’égard de l’Iran, présente un accord que de nombreux républicains du Congrès qualifient de capitulation.    Marco Rubio et ⁠JD Vance, ‌tous deux anciens sénateurs américains, sont largement considérés au sein du Parti républicain comme des candidats potentiels à la succession de Donald Trump.         LE PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN

La mission de ⁠Marco Rubio est délicate : il doit à la fois défendre un accord préliminaire que Donald Trump soutient fermement, tout en apportant des réponses répondre crédibles aux préoccupations ​de ses homologues du Golfe, qui ​se montrent plus circonspects à l’égard de cet accord.

L’Iran n’abordera les questions relatives à l’accès aux sites nucléaires qui ont été attaqués et aux matières nucléaires iraniennes que dans le cadre d’un accord définitif et après que des mesures ​concrètes auront été prises pour lever les sanctions américaines, a déclaré mercredi le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré plus tôt mercredi qu’il s’attendait à ce que des inspections aient lieu prochainement en Iran dans le cadre d’un accord provisoire lié aux négociations entre ‌les États-Unis et l’Iran, bien que les détails restent ​à finaliser.

L’une des questions centrales des négociations porte sur le sort de l’uranium hautement enrichi de l’Iran, notamment les matières enrichies à un taux pouvant atteindre 60%, à deux doigts des quelque 90% requis pour la fabrication d’armes nucléaires. ​Téhéran affirme que son programme nucléaire est destiné à des fins pacifiques.

Alors que les dirigeants du Golfe avaient plaidé en faveur de la paix tout au long de ce conflit qui a duré quatre mois, nombre d’entre eux se sont dits surpris et déçus par les termes de l’accord.

Les alliés régionaux des États-Unis craignent tout particulièrement que l’Iran n’utilise le fonds de reconstruction proposé pour reconstruire son armée.

L’accord n’aborde pas non plus la question de la capacité de Téhéran en matière de missiles balistiques, un sujet de préoccupation pour les États du Golfe, qui ont tous été touchés par des missiles et des drones iraniens pendant la guerre.

De son côté, le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani, s’est rendu mercredi à Mascate pour s’entretenir avec Oman au sujet du lancement de négociations impliquant ⁠l’Iran, l’Irak et les États arabes du Golfe concernant le détroit d’Ormuz, a déclaré à Reuters un diplomate au courant des discussions.

Ces discussions sont distinctes des pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran. Les États du Golfe devraient plaider en faveur de l’absence de tous droit de transit, tandis que l’Iran pourrait proposer une forme de redevance pour emprunter cet axe essentiel au transport ​maritime d’hydrocarbures et autres produits énergétiques.

(Avec la participation de Francois Murphy à Vienne et Doina Chiacu et Katharine Jackson à Washington ;Rédigé par ​Gram Slattery et Michael Georgy; Version française Matthieu Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)

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