Marche des fiertés: Orban met en garde contre toute manifestation illégale à Budapest
BUDAPEST (Reuters) – Toute personne qui bravera l’interdiction de la Marche des fiertés, prévue initialement samedi à Budapest, s’exposera à des conséquences judiciaires, a déclaré vendredi le Premier ministre hongrois Viktor Orban.
Le Parlement hongrois, au sein duquel le parti ultra-conservateur Fidesz de Viktor Orban dispose d’une large majorité, a adopté en mars une loi autorisant la police à interdire des manifestations de la communauté LGBTQ et à recourir à des caméras de reconnaissance faciale pour identifier les participants.
L’opposition considère que cette interdiction s’inscrit dans une répression plus large des libertés à l’approche des élections législatives de 2026 pour lesquelles le camp de Viktor Orban est vu en difficulté selon les récentes enquêtes d’opinion.
« Nous sommes des adultes et je recommande à chacun de décider de ce qu’il veut, de respecter les règles (…) et s’il ne le fait pas, il doit en subir les conséquences judiciaires », a déclaré le Premier ministre hongrois à la radio publique.
Il a ajouté que la police pouvait disperser une manifestation interdite, mais que la Hongrie était un « pays civilisé » et que la tâche de la police était de convaincre les citoyens de respecter la loi.
« Nous sommes dans le monde non pas pour rendre la vie des autres plus difficile mais plus facile, c’est l’essence même du christianisme », a-t-il poursuivi.
La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et 30 autres pays ont exprimé lundi leur soutien à la communauté LGBTQ de Hongrie et à la Marche des fiertés du 28 juin.
Le maire libéral de Budapest, Gergely Karacsony, a fait valoir que cette marche était un événement organisé par la municipalité, ce qui ne constituerait pas une infraction à la loi.
Alors que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait demandé aux autorités hongroises de renoncer à l’interdiction de l’événement, Viktor Orban a comparé cette prise de position à des ordres reçus de Moscou à l’époque communiste.
« Tout comme Moscou, elle considère la Hongrie comme un pays subalterne et pense qu’elle peut ordonner aux Hongrois depuis Bruxelles comment vivre, ce qu’il faut aimer et ce qu’il ne faut pas aimer », a-t-il raillé lors de l’entretien accordé à la radio publique.
(Reportage Krisztina Than; version française Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)
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