L’Irak envisage toutes les options pour obtenir un quota plus élevé, y compris une sortie de l’Opep
BAGDAD, 25 juin (Reuters) – L’Irak envisagera « toutes les options disponibles » si son quota de production au sein de l’Opep n’est pas augmenté de manière significative, y compris celle de quitter le cartel, ont dit Reuters des sources au fait de la politique pétrolière irakienne.
La perspective d’un départ de l’Irak, deuxième producteur de brut au sein de l’Opep derrière l’Arabie saoudite, constituerait un nouveau revers pour l’organisation, déjà fragilisée cette année par le retrait des Émirats arabes unis en mai.
L’Irak figure parmi les cinq membres fondateurs de l’Opep, créée en 1960 à Bagdad.
« L’Irak traverse une crise financière en raison de la guerre avec l’Iran et une hausse significative de son quota au sein de l(Opep doit être prise au sérieux », a dit à Reuters un haut responsable du ministère irakien du Pétrole.
L’option de quitter l’Opep a été étudiée, même l’Irak entend bien rester membre de l’organisation avec un quota plus élevé, a-t-il ajouté.
« L’Arabie saoudite et les autres alliés de l’Opep doivent traiter cette question avec le plus grand sérieux. À défaut, l’Irak sera contraint d’envisager toutes les options disponibles », a-t-il déclaré.
Interrogé sur d’éventuelles discussions concernant une sortie de l’Opep, le responsable a répondu: « Il est encore prématuré de franchir cette étape ».
L’Opep n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Le ministère irakien du Pétrole a déclaré que les informations selon lesquelles Bagdad envisagerait de mettre fin à son adhésion à l’Opep ne reflétaient pas la position officielle du gouvernement irakien.
Le ministère a ajouté que l’Irak continuait de souligner l’importance de revoir les quotas de production pétrolière afin de s’assurer qu’ils correspondent aux capacités de production durables des États membres.
« L’Irak travaille à rétablir sa pleine capacité d’exportation de pétrole et vise à porter sa production à sept millions de barils par jour (bpj) au cours des prochaines années », avait dit pour sa part le porte-parole du gouvernement irakien Haider al Aboudi.
Depuis sa prise de fonctions en mai, le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a déclaré que la reconstruction de l’économie irakienne, l’attraction des investissements étrangers et la lutte contre la corruption seraient au cœur des priorités de son gouvernement.
Mercredi, il a déclaré que l’Irak souhaitait que l’Opep relève sa production pétrolière en fonction de sa capacité de production et de sa population, a rapporté l’agence de presse d’État INA.
Sept membres clés de l’Opep+ ont relevé leurs quotas de production d’avril à juin de près de 600.000 bpj.
L’Opep+ regroupe l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et des producteurs alliés, dont la Russie.
(Reportage d’Ahmed Rasheed ; version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)
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