Le président libanais tente d’apaiser la crise avec l’Arabie saoudite
BEYROUTH (Reuters) – Le président libanais Michel Aoun a dit vouloir les « meilleures relations » possibles avec l’Arabie saoudite, samedi, tentant d’apaiser les tensions nées de propos tenus par son ministre de l’Information qui ont poussé le royaume à expulser l’ambassadeur du Liban et à interdire les importations de produits libanais.
La crise a pris une dimension régionale après la décision du Koweït et du Bahreïn vendredi et des Emirats arabes unis samedi d’imposer à leur tour des mesures de rétorsion au Liban, sur fond de rivalité stratégique avec l’Iran.
Le ministre libanais de l’Information, George Kordahi, qui a critiqué l’intervention militaire dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen, est en effet issu d’un petit parti chrétien maronite qui soutient le Hezbollah pro-iranien.
Alors qu’une démission de George Kordahi, réclamée par certains responsables politiques libanais, risquerait de faire chuter l’ensemble du gouvernement, péniblement constitué par le Premier ministre Najib Mikati le mois dernier après 13 mois de tractations, le président Aoun a tenté de ramener calme.
Sur Twitter, le chef de l’Etat libanais a promis d’oeuvrer à l’amélioration des relations avec l’Arabie saoudite en concluant des accords bilatéraux entre les deux pays.
George Kordahi n’a de son côté fait aucun commentaire après un entretien samedi avec le patriarche maronite Bechara Boutros Rahi. Le ministre, qui a reçu le soutien du Hezbollah, avait précédemment refusé de s’excuser. Le chef du Mouvement Marada auquel il appartient, Sleiman Frangié, a dit qu’il refuserait sa démission.
La crise entre le Liban et l’Arabie saoudite est la plus grave depuis la détention forcée de l’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri à Ryad en 2017. Elle menace d’aggraver la crise économique dramatique dans laquelle se trouve le pays du Cèdre.
(Reportage de Timour Azhari, Maha El Dahan, Laila Bassam Yasmin Hussein et Alaa Kanaan ; version française Tangi Salaün)
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