Le Burundi submergé par l’afflux de dizaines de milliers de réfugiés congolais
par Emma Farge et Clement Manirabarusha
GENÈVE/BUJUMBURA, 19 décembre (Reuters) – Plus de 80.000 personnes fuyant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ont trouvé refuge au Burundi depuis le début du mois, submergeant les capacités d’accueil du petit pays d’Afrique centrale, a déclaré vendredi l’agence des Nations Unies pour les réfugiés.
Ce nouveau drame humanitaire intervient alors qu’un accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda sous l’égide des États-Unis est resté lettre morte, les combats ayant repris de plus belle entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 soutenus par Kigali autour d’Uvira, ville du Sud-Kivu proche de la frontière avec le Burundi.
Le Rwanda, qui nie soutenir le M23 malgré les accusations des Nations unies, accuse les forces congolaises et burundaises d’être à l’origine de la reprise des combats.
« Des milliers de personnes traversant chaque jour la frontière à pied et en bateau ont submergé les capacités d’accueil (du Burundi), créant une urgence humanitaire majeure qui nécessite un soutien mondial immédiat », souligne le HCR dans un communiqué.
La représentante du HCR au Burundi, Brigitte Mukanga-eno, a déclaré aux journalistes à Genève que des bateaux remplis de réfugiés arrivaient quotidiennement à travers le lac Tanganyika depuis la région d’Uvira en proie aux combats, malgré les promesses de retrait du M23.
De longues files d’attente se forment dans les camps de réfugiés pour accéder aux réserves limitées de nourriture et d’eau, et la dégradation des conditions sanitaires provoque des épidémies de choléra, a-t-elle déploré.
Le Burundi, un des pays les plus pauvres du monde, a demandé une aide d’urgence de 35 millions de dollars mais il n’est pas certain que cette somme soit atteinte compte tenu de la forte baisse des contributions des donateurs internationaux cette année, s’inquiète le HCR.
Plus de 70.000 personnes avaient déjà trouvé refuge au Burundi en début d’année, fuyant les combats au Sud-Kivu, ce qui constituait l’afflux le plus importants de réfugiés dans ce pays depuis des décennies, et plus de la moitié d’entre elles ne sont pas retournées en RDC depuis cette date, selon le HCR.
(Emma Farge à Genève et Clément Manirabarusha à Bujumbura ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)
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