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Le Bénin dit que des frappes nigérianes l’ont aidé à déjouer la tentative de coup d’État

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par MacDonald Dzirutwe, Robbie Corey-Boulet et Pulcherie Adjoha

COTONOU, 8 décembre (Reuters) – Des avions de combat du Nigeria ont procédé à des frappes aériennes qui ont contribué à contrecarrer dimanche une tentative de coup d’État au Bénin au cours de laquelle des soldats ont essayé de capturer le président Patrice Talon, selon un compte-rendu fourni par le gouvernement béninois lundi.

Les soldats se sont approchés suffisamment près du président pour qu’il soit le témoin direct de violents affrontements et ont réussi à kidnapper deux hauts responsables militaires qui n’ont été libérés que lundi matin, selon le compte-rendu, publié à l’issue d’une réunion du conseil des ministres.

Le Nigeria avait auparavant reconnu avoir envoyé des avions de chasse et des troupes au sol chez son voisin pour l’aider à rétablir l’ordre, dans le but d’éviter une crise politique dans un pays qui lutte contre les djihadistes et sert de corridor commercial clé en Afrique de l’Ouest.

Les soldats mutinés, en provenance de la base militaire de Togbin, ont lancé leur attaque avant l’aube dimanche, se rendant d’abord au domicile du général Bertin Bada, le chef d’état-major de Patrice Talon, selon le communiqué.

L’épouse du général a été tuée dans les affrontements qui ont éclaté, mais l’officier lui-même est parvenu à s’enfuir.

Les soldats ont en revanche réussi à kidnapper le général Abou Issa, chef d’état-major de l’armée, ainsi que le colonel Faizou Gomina, qui ont été libérés lundi matin dans la ville de Tchaourou, dans le nord du pays, selon le communiqué.

La dernière intervention du Nigeria à l’étranger remonte à 2017, lorsque le président gambien Yahya Jammeh a refusé de quitter le pouvoir après avoir perdu les élections. La force régionale déployée en Gambie n’a pas engagé de combats, Yahya Jammeh ayant rapidement capitulé.

Le Nigeria a réagi de manière beaucoup moins agressive aux récents coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger voisin. Lorsque des soldats ont renversé le président de la Guinée-Bissau le mois dernier, le gouvernement du président Bola Tinubu a condamné le coup d’État et appelé à un retour à l’ordre constitutionnel.

INSÉCURITÉ TRANSFRONTALIÈRE

Mais la perspective d’un gouvernement hostile dirigé par des militaires au Bénin, qui borde le territoire nigérian ciblé par les groupes djihadistes, était trop périlleuse, a déclaré Mucahid Durmaz, analyste principal pour l’Afrique au sein du groupe de renseignement sur les risques Verisk Maplecroft.

« Pour le Nigeria, un coup d’État militaire et l’effondrement potentiel de l’ordre public au Bénin risquent de déclencher une insécurité transfrontalière, un commerce illicite et un trafic d’armes, ce qui pourrait déstabiliser la région du sud-ouest, dont l’économie nigériane est fortement tributaire », a-t-il déclaré.

Le nord du Bénin a subi des attaques djihadistes répétées, dont des assauts majeurs en janvier et en avril qui ont tué des dizaines de soldats. Le gouvernement a pourtant envoyé des milliers de soldats depuis 2022 dans le cadre de l’opération Mirador afin de stabiliser ce territoire, qui borde le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso et le Togo.

Les putschistes ont invoqué l’insécurité dans le nord du pays pour justifier leur tentative mais, pour le Nigeria, un changement de pouvoir au Bénin a suscité la crainte d’être « entouré de voisins hostiles et imprévisibles », selon Mucahid Durmaz.

La Cedeao, le bloc régional, « veut montrer qu’elle fait quelque chose parce qu’elle a été totalement inefficace dans la lutte contre les coups d’État qui ont eu lieu dans la région au cours des cinq dernières années », a déclaré Nina Wilen, directrice du programme Afrique à l’Institut Egmont pour les relations internationales en Belgique.

Le Bénin se prépare à une élection présidentielle en avril qui devrait marquer la fin du mandat de Patrice Talon. Son ministre des finances, Romuald Wadagni, est le candidat de la coalition au pouvoir et considéré comme le grand favori.

Dans un discours prononcé dimanche à la télévision d’État, Patrice Talon a déclaré que les forces armées avaient éliminé tous les putschistes et s’est engagé à les punir.

(Reportage Macdonald Dzirutwe à Lagos, Robbie Corey-Boulet à Dakar et Pulcherie Adjoha à Cotonou ; rédigé par Robbie Corey-Boulet et Portia Crowe, version française Benjamin Mallet)

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