La Banque mondiale soutient un projet de résolution de l’Onu sur Gaza
par Michelle Nichols
NATIONS UNIES (Reuters) -La Banque mondiale soutient la formulation d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur Gaza, rédigée par les Etats-Unis, qui confierait un mandat de deux ans à un organe de gouvernance transitoire, selon une lettre adressée à Washington et dont Reuters a eu connaissance.
Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’Onu ont entamé jeudi des négociations sur ce texte qui donnerait mandat à une administration de gouvernance transitoire, dite « Conseil de la paix », lui conférant l’autorité d’établir des entités opérationnelles pour traiter de questions telles que la reconstruction de Gaza et les programmes de relance économique.
La Banque mondiale, l’Onu et l’Union européenne avaient estimé en février que la reconstruction de Gaza coûterait plus de 50 milliards de dollars et sont en train de finaliser une nouvelle estimation provisoire de 70 milliards.
« Notre engagement à Gaza nécessitera la capacité de travailler avec des partenaires internationaux qui bénéficient du soutien total de la communauté internationale et de l’autorisation complète d’entreprendre leurs efforts », a écrit Ajay Banga, président de la Banque mondiale, dans un courrier adressé à Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès de l’Onu.
« La proposition d’établir une autorité – le Conseil de la paix dans le projet actuel – par le Conseil de sécurité de l’Onu avec les autorisations énoncées dans la résolution fournirait le cadre nécessaire pour l’engagement de la Banque », a-t-il déclaré dans cette lettre datée de samedi.
Ajay Banga répondait à un courrier de Mike Waltz pour le remercier de lui avoir communiqué le projet de résolution de l’Onu. La Banque mondiale n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaires.
Le texte actuel « appelle également la Banque mondiale et les autres institutions financières à faciliter et à fournir des ressources financières pour soutenir la reconstruction et le développement de Gaza, comme elle le ferait pour ses membres, y compris par la création d’un fonds d’affectation spéciale à cette fin et régi par les donateurs ».
« NOUS AVANÇONS À UN RYTHME SOUTENU »
Ajay Banga a déclaré que la banque appréciait cette formulation, ajoutant : « Nous avançons à un rythme soutenu afin d’être prêts dès le premier jour lorsqu’on nous demandera de répondre à cet appel. »
Israël et le Hamas ont accepté il y a un mois la première phase d’un plan en 20 points du président américain Donald Trump pour instaurer la paix dans la bande de Gaza, avec dans un premier temps un cessez-le-feu et un accord sur la libération des otages.
La prochaine phase du plan, que le projet de résolution de l’Onu approuverait, consisterait à établir un « Conseil de la paix » et une Force internationale de stabilisation (FIS) temporaire.
Les États-Unis ont officiellement transmis le projet de résolution aux membres du Conseil de sécurité mercredi en fin de journée et ont déclaré que l’Égypte, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et les Émirats arabes unis soutenaient le texte.
Le projet donnerait un mandat de deux ans à la FIS, qui pourrait « recourir à toutes les mesures nécessaires », c’est-à-dire à la force, pour s’en acquitter.
Les États-Unis ont demandé aux pays de soumettre leurs commentaires sur le texte avant vendredi dernier, ont indiqué des diplomates.
Pour être adoptée, une résolution du Conseil doit recueillir au moins neuf votes favorables et ne faire l’objet d’aucun veto de la part de la Russie, de la Chine, de la France, du Royaume-Uni ou des États-Unis.
Washington a déclaré qu’il souhaitait soumettre le projet au vote dans les semaines à venir.
(Reportage Michelle Nichols, version française Benjamin Mallet)
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