Grande-Bretagne: Sous le feu, Truss s’accroche à son poste, sa ministre de l’Intérieur démissionne
LONDRES (Reuters) – La Première ministre britannique, Liz Truss, a rejeté mercredi les appels à la démission de l’opposition après le revirement spectaculaire de son gouvernement sur le budget et la fiscalité, mais sa position apparaît encore plus fragilisée après la démission de sa ministre de l’Intérieur et le dépôt d’une motion de défiance.
Répondant à une question du chef de file du Parti travailliste, Keir Starmer, en séance au Parlement sur les raisons justifiant qu’elle reste à son poste, Liz Truss a déclaré : « Je suis une combattante, pas une lâcheuse ».
« J’ai agi dans l’intérêt national pour faire en sorte que nous disposions de la stabilité économique », a-t-elle ajouté.
« J’ai très clairement dit que j’étais désolée et que j’avais fait des erreurs », avait-elle auparavant déclaré aux députés. « Mais la bonne démarche dans ces circonstances, c’est de procéder à des changements, ce que j’ai fait, et de reprendre le travail pour apporter des résultats au peuple britannique. »
Sur les marchés financiers, secoués depuis fin septembre par les annonces budgétaires non-financées du gouvernement de Liz Truss, qui l’ont obligée à changer de ministre des Finances, la livre sterling a creusé ses pertes après ces déclarations.
S’exprimant aux Communes pour la première fois depuis sa volte-face budgétaire, Liz Truss a dû faire face aux quolibets et aux sarcasmes, notamment lorsqu’elle a invité le Parti travailliste à mieux saisir les réalités économiques du pays.
Les attaques ne viennent toutefois pas que des travaillistes puisque le député conservateur William Wragg a annoncé avoir soumis une motion de défiance à l’encontre de Liz Truss, se joignant au choeur de ceux qui ont déjà réclamé son départ.
C’est dans ce contexte que la ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, a annoncé qu’elle quittait son poste, sans toutefois faire de lien entre sa démission et la situation de Liz Truss. Suella Braverman a en effet justifié son départ par une « infraction technique » qu’elle aurait commise en utilisant sa messagerie personnelle pour envoyer un document officiel.
Attaquée de toute part, la Première ministre sera confrontée dès mercredi soir à un vote compliqué à la Chambre des communes où elle devra défendre son projet de réintroduire la fracturation hydraulique comme moyen d’extraction du pétrole en dépit de l’hostilité de l’opinion publique et d’une grande partie des membres du Parlement.
(Reportage William James, version française Marc Angrand et Nicolas Delame, édité par Tangi Salaün)
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