Fin des pourparlers informels israélo-libanais à Washington
par Laila Bassam et Steven Scheer et Jana Choukeir
BEYROUTH/JERUSALEM, 14 avril (Reuters) – Des pourparlers informels entre Israël et le Liban, en état de guerre depuis 1948, se sont tenus mardi à Washington sous médiation américaine, alors que les combats se sont intensifiés ces derniers jours le long de la frontière sud du Liban.
Les ambassadeurs du Liban et d’Israël aux Etats-Unis, Nada Hamadé Mouawad et Yechiel Leiter, ont pris part à cette réunion préparatoire après un échange téléphonique le 10 avril, le premier contact officiel entre les deux pays depuis 1983.
Le secrétaire d’Etat Marco Rubio, l’ambassadeur des Etats-Unis au Liban Michel Issa, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies Mike Waltz et un conseiller du département d’Etat Michael Needham, représentaient la partie américaine.
Le département d’Etat américain a publié un communiqué à l’issue des discussions, déclarant que les deux parties avaient eu « des discussions productives sur les étapes à suivre pour entamer des négociations directes ».
Le communiqué expose les positions de chaque pays, mais ne précise pas s’ils sont parvenus à un terrain d’entente.
« Les deux parties sont convenues d’entamer des négociations directes à une date et en un lieu fixés d’un commun accord », est-il indiqué.
Yechiel Leiter, a déclaré que le gouvernement libanais avait clairement indiqué, au cours des discussions, qu’il ne serait plus « occupé » par le Hezbollah. Il n’a pas précisé si Israël mettrait fin à ses attaques contre le Liban.
Nada Hamadeh Moawad a qualifié cette réunion préliminaire de « constructive ». Elle a dit à Reuters avoir appelé à un cessez-le-feu, au retour des personnes déplacées dans leurs foyers et à la mise en place de mesures visant à atténuer la crise humanitaire provoquée par le conflit.
« OPPORTUNITÉ HISTORIQUE »
Marco Rubio avait déclaré avant le début de la réunion que les discussions entre Israël et le Liban représentaient une « opportunité historique ».
Le chef de la diplomatie américaine avait indiqué qu’il espérait que ces pourparlers allaient permettre aux deux parties de commencer à avancer, ajoutant que toutes les complexités du dossier n’allaient pas être résolues dans les heures à venir.
Yechiel Leiter s’est dit plus tard optimiste sans toutefois évoquer de piste concrète pour l’avenir.
« Ce qui me donne de l’espoir, c’est que le gouvernement libanais a très clairement fait savoir qu’il ne souhaitait plus être occupé par le Hezbollah. Il s’agit d’une opportunité. C’est la première fois que nos deux pays s’assoient ensemble en plus de trente ans », a-t-il dit, ajoutant que de nouvelles discussions pourraient intervenir dans les prochaines semaines.
Le gouvernement du président libanais Joseph Aoun a proposé le mois dernier des discussions directes entre son pays et Israël, malgré l’opposition du Hezbollah.
Le gouvernement de Beyrouth a entrepris de désarmer le Hezbollah et interdit toute activité militaire au parti-milice chiite le mois dernier après la décision du groupe armé de rouvrir les hostilités avec Israël en soutien du régime iranien visé par les bombardements israélo-américains.
DE NOUVELLES DISCUSSIONS SONT POSSIBLES
Marco Rubio a déclaré plus tôt que les discussions de mardi s’inscrivaient dans un processus et n’étaient pas un événement isolé. Yechiel Leiter a laissé entendre que de nouveaux pourparlers pourraient intervenir.
Aucun des participants à la réunion de mardi n’a toutefois mentionné de lieu ou de date pour ces nouvelles discussions.
« Quelques propositions ont été faites, quelques recommandations. Nous les présenterons à nos gouvernements et nous reviendrons dans quelques semaines. Nous continuerons à nous asseoir à la même table. Nous poursuivrons probablement les discussions à Washington », a dit Yechiel Leiter.
(Avec Maya Gebeily à Beyrouth, Rami Ayyub à Jerusalem et Alexander Cornwell à Tel Aviv, version française Nicolas Delame et Camille Raynaud, édité par Sophie Louet et)
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