Alexeï Navalny empoisonné à son hôtel de Tomsk, pas à l’aéroport, selon son équipe
Alexeï Navalny a été empoisonné à l’aide d’une bouteille d’eau minérale qui se trouvait dans sa chambre d’hôtel de Tomsk et non à l’aéroport de la ville de Sibérie, comme on le pensait initialement, a affirmé jeudi son équipe dans un message posté sur Instagram.
L’opposant russe a été victime d’un malaise le 20 août à bord de l’avion qui le ramenait à Moscou. Hospitalisé dans un premier temps à Omsk, il a été transféré le 22 août à Berlin.
Le gouvernement allemand a annoncé au début du mois que les examens médicaux auxquels il a été soumis prouvent qu’il a été empoisonné à l’aide d’une substance neurotoxique de la famille du Novitchok. Des laboratoires en France et en Suède ont confirmé l’utilisation de cet agent neurotoxique mis au point par l’Armée rouge dans les années 1970 et 1980.
A Amsterdam, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé jeudi avoir été sollicitée par l’Allemagne pour enquêter sur son empoisonnement présumé. Des experts de l’agence « ont prélevé des échantillons biomédicaux sur M. Navalny pour analyse par les laboratoires désignés par l’OIAC », ajoute l’agence.
Selon l’entourage de l’opposant, sorti du coma le 7 septembre, l’agent neurotoxique utilisé pour l’empoisonner a été détecté sur une bouteille d’eau vide récupérée dans sa chambre de l’hôtel Xander de Tomsk.
Une vidéo mise en ligne montre, selon la légende qui l’accompagne, des membres de son équipe fouillant la chambre le 20 août, une heure seulement après avoir appris qu’il avait été victime d’un malaise.
« Nous avions décidé d’y collecter tout ce qui pourrait être même hypothétiquement utile et de le remettre aux médecins en Allemagne. Il semblait tout à fait évident que l’affaire ne ferait pas l’objet d’une enquête en Russie », lit-on dans le message accompagnant cette vidéo où on voit des proches de Navalny, portant des gants de protection, inspecter la chambre et réunir les éléments potentiellement intéressants dans des sacs en plastique bleu.
« Deux semaines plus tard, un laboratoire allemand a précisément trouvé des traces de Novitchok sur une bouteille d’eau de la chambre d’hôtel de Tomsk. Puis d’autres laboratoires qui ont travaillé sur des analyses d’Alexeï ont confirmé que c’était la source de son empoisonnement. Nous comprenons désormais que les faits ont été commis avant qu’il ne quitte sa chambre d’hôtel pour aller à l’aéroport. »
« AU NEZ ET À LA BARBE DU FSB »
Vladimir Milov, ancien vice-ministre de l’Energie rallié à Navalny, a indiqué que les équipes de l’opposant avaient pris de vitesse les agents fédéraux du FSB en se rendant dans la chambre de l’hôtel Xander. « Ils ont recueilli ces indices au nez et la barbe du FSB et les ont fait sortir du pays », a-t-il dit.
Guéorgui Albourov, un autre proche de Navalny, a précisé à Reuters que les bouteilles avaient été transportées vers l’Allemagne à bord de l’avion qui a servi à l’évacuation sanitaire de l’opposant, le 22 août.
Les autorités russes démentent toute implication et ajoutent qu’il leur faut davantage d’analyses médicales avant de pouvoir ouvrir une enquête criminelle.
Le Novitchok a déjà servi en mars 2018 pour empoisonner Sergueï Skripal, un ancien agent double du renseignement russe qui collaborait avec les services britanniques, retrouvé inconscient avec sa fille Ioulia sur un banc public de la ville anglaise de Salisbury.
Le père et la fille ont survécu mais une femme, Dawn Sturgess, est morte après avoir récupéré la bouteille contaminée ayant servi à leur empoisonnement. Moscou avait également démenti toute responsabilité dans ce dossier.
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