Des agriculteurs polonais bloquent la frontière avec l’Ukraine
par Kuba Stezycki
OKOPY, Pologne (Reuters) – Les agriculteurs polonais ont poursuivi leurs manifestations mardi, perturbant le trafic routier national et provoquant un blocage quasi total de la frontière avec l’Ukraine, qui s’insurge contre une atteinte à ses efforts de guerre.
Le mouvement de protestation se tend : des manifestants ont ouvert des wagons de transport de céréales ukrainiens pour en déverser le contenu sur la voie ferrée au poste-frontière de Medyka, selon une vidéo diffusée sur Telegram.
Les agriculteurs protestent contre la concurrence jugée « déloyale » de leurs homologues ukrainiens, qui bénéficient depuis 2022 de droits de douane européens réduits sur les exportations alimentaires.
Selon Adrian Wawrzyniak, porte-parole du syndicat Solidarność (Solidarité), l’aide militaire apportée à l’Ukraine pourra être acheminée, mais les camions de marchandises et les automobilistes seront bloqués.
Kyiv a dénoncé une « provocation politique » et affirme que ses exportations agricoles ne portent pas préjudice aux marchés européens.
La ministre ukrainienne de l’Economie a informé la Commission européenne des manifestations polonaises et a appelé à une réponse forte.
« Déverser des céréales d’un train de fret sur les rails, bloquer le trafic autoroutier, ce n’est pas une manifestation. C’est une violation de l’ordre public », a déclaré sur X Ioulia Svyrydenko.
Le ministre ukrainien de l’Agriculture a précisé que les céréales déversées par les manifestants polonais étaient destinées à l’Allemagne et non à la Pologne.
Exaspérés par les manifestations polonaises, les transporteurs ukrainiens ont organisé des manifestations à trois points de contrôle frontaliers, et ce jusqu’au 15 mars.
Sur des banderoles on pouvait lire : « L’Ukraine est perdante – la Pologne est perdante » ou « Le blocus de l’Ukraine est une trahison des valeurs européennes », selon des images diffusées dans les médias ukrainiens.
La Pologne est l’un des plus fidèles alliés de l’Ukraine depuis l’invasion russe du 24 février 2022, mais les manifestations à la frontière ont tendu les relations bilatérales.
L’Ukraine affirme que les blocages affectent ses capacités de défense et aide la Russie dans ses objectifs militaires.
Le président ukrainien Volodimir Zelensky a alerté lundi sur une « érosion quotidienne de la solidarité » à la frontière entre les deux pays.
« Nous avons besoin de décisions communes et rationnelles pour résoudre la situation », a-t-il ajouté.
(Reportage d’Anna Wlodarczak-Semczuk, Alan Charlish, Pawel Florkiewicz à Varsovie, Yuliia Dysa à Gdansk, Pavel Polityuk à Kyiv; version française Zhifan Liu, édité par)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



