Biden décrète un deuil national le 9 janvier après la mort de Carter
WASHINGTON (Reuters) – Le président américain Joe Biden a décrété une journée de deuil national le 9 janvier après la mort dimanche de Jimmy Carter qui, à 100 ans, est le président américain qui aura vécu le plus longtemps.
« J’appelle le peuple américain à se rassembler ce jour-là dans leurs lieux de culte respectifs, afin de rendre hommage à la mémoire du président James Earl Carter, Jr », a déclaré Joe Biden dans un communiqué publié par la Maison blanche.
« J’invite les peuples du monde qui partagent notre peine à se joindre à nous dans cette commémoration solennelle », a-t-il ajouté.
Le démocrate Jimmy Carter, fils de fermiers de Géorgie qui produisaient de l’arachide, débute sa carrière politique localement, dans l’Etat qui l’a vu naître en 1924.
L’ancien gouverneur de Géorgie est arrivé à Washington à une époque où l’Amérique était encore sous le choc du scandale du Watergate qui a conduit a la démission du républicain Richard Nixon en 1974, remplacé par son vice-président Gérald Ford.
Jimmy Carter est entré à la maison Blanche en janvier 1977 après avoir remporté l’élection présidentielle contre Gérald Ford.
Durant son unique mandat, il a participé à l’élaboration des accords de Camp David entre Israël et l’Egypte en 1978, mais ses années de présidence furent aussi marquées par une récession économique, une impopularité persistante et la crise des otages en Iran qui l’empêcheront d’être reconduit en 1980 face à Ronald Reagan.
Interrogé sur le bilan de sa présidence dans un documentaire en 1991, il a regretté n’avoir « jamais réussi à convaincre le peuple américain que j’étais un dirigeant fort et puissant ».
En 1979, deux ans après avoir remporté la présidence, Jimmy Carter prononça un discours marquant sur la crise de confiance dans le pays, rebaptisé par ses opposant « le discours du malaise ».
« Après avoir écouté le peuple américain, je me suis rendu compte une fois de plus que toutes les lois du monde ne peuvent pas résoudre ce qui ne va pas en Amérique », a-t-il déclaré lors de l’allocution télévisée.
« La menace est presque invisible dans les situations ordinaires. C’est une crise de confiance. C’est une crise qui frappe au cœur même, à l’âme et à l’esprit de notre volonté nationale. L’érosion de notre confiance dans l’avenir menace de détruire le tissu social et politique de l’Amérique. »
Après son mandat présidentiel, Jimmy Carter s’est tourné vers des causes humanitaires et a reçu en 2002 le prix Nobel de la Paix pour ses efforts de promotion des droits de l’homme et de résolution des conflits dans le monde entier, de l’Éthiopie et de l’Érythrée à la Bosnie et à Haïti. Son Centre Carter d’Atlanta a envoyé des délégations internationales de surveillance des élections dans le monde entier.
HOMMAGES
Des dirigeants du monde entier et d’anciens présidents américains ont rendu hommage à l’ancien président, qualifié de compatissant, humble et engagé en faveur de la paix au Moyen-Orient.
« Toute sa vie, Jimmy Carter a défendu les droits des personnes les plus vulnérables et mené sans relâche le combat pour la paix. La France adresse ses pensées émues à sa famille et au peuple américain », a déclaré le président français Emmanuel Macron sur le réseau social X.
Le président américain élu Donald Trump a lui salué sur X un homme qui « a fait tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la vie de tous les Américains ».
« Son rôle important dans la conclusion de l’accord de paix entre l’Égypte et Israël restera gravé dans les annales de l’histoire », a déclaré le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, sur X.
Le centre Carter a fait savoir que des cérémonies publiques se tiendraient à Atlanta et à Washington. Ces événements seront suivis d’un enterrement privé à Plains. Les dernières dispositions concernant les funérailles nationales de l’ancien président n’ont pas encore été prises, a-t-il ajouté.
(Rédigé par Will Dunham, avec la contribution de Jasper Ward ; version française Kate Entringer)
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