La Bolivie est dans le chaos, Evo Morales se réfugie au Mexique
LA PAZ (Reuters) – Pillages, affrontements, barricades: la Bolivie a plongé dans le chaos lundi dans les heures qui ont suivi la démission du président Evo Morales, lequel a annoncé dans la soirée être en route pour le Mexique, alors que l’armée bolivienne est venue épauler la police pour faire face aux actes de « vandalisme ».
Des milliers de partisans du dirigeant socialiste ont quitté El Alto, ville voisine de la capitale La Paz, pour gagner le siège de l’Assemblée, ont dit des sources policières et législatives, laissant craindre des affrontements avec les forces de l’ordre et les partisans de l’opposition.
Evo Morales, qui a répété lundi être victime d’un complot fomenté selon lui par Carlos Mesa, son principal rival pour l’élection présidentielle du 20 octobre, a dit dans la soirée qu’il était en route pour le Mexique où le gouvernement lui a accordé l’asile politique.
« Cela fait mal de quitter le pays pour des motifs politiques, mais je vais rester en contact », a écrit le président démissionnaire sur Twitter. « Je reviendrai bientôt avec plus de force et d’énergie », a-t-il ajouté.
Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a indiqué que Mexico avait affrété un avion afin de garantir un voyage « sûr » à Morales et que celui-ci se trouvait à bord de l’appareil.
La démission de Morales est survenue après plusieurs semaines de manifestations violentes pour contester le résultat de l’élection présidentielle. L’opposition a dénoncé une fraude du président sortant, dont la commission électorale a annoncé la réélection à l’issue du premier tour du scrutin le 20 octobre.
Premier président indigène de l’histoire du pays, Morales est vu par de nombreux Boliviens comme l’homme qui a apporté stabilité et croissance économique, mais ses détracteurs dénoncent un autocrate ayant défié les résultats du référendum de 2016 sur la limitation de la fonction présidentielle.
Son gouvernement s’est effondré dimanche quand l’Organisation des Etats américains (OEA) a signalé, dans un rapport rédigé sur la base d’un audit du scrutin présidentiel, de graves irrégularités dans le processus électoral.
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« CRAINTE ET PANIQUE »
Morales, arrivé à la présidence en 2006, a été abandonné par des alliés au sein du parti au pouvoir et par l’armée. Il a annoncé dans la foulée dimanche son départ, qu’il a confirmé lundi dans une lettre à l’assemblée législative.
Sa démission, ainsi que celle de son vice-président, crée une vacance du pouvoir dans l’attente des résultats d’un nouveau scrutin encore hypothétique.
Un parlementaire a déclaré à Reuters que les élus, qui discutaient lundi à l’Assemblée de la possible mise en place d’un gouvernement intérimaire, avaient dû être évacués de l’enceinte.
Le commandant des forces armées boliviennes a annoncé avoir ordonné aux troupes de mener des opérations conjointes avec la police contre les « actes de vandalisme ». S’exprimant devant des journalistes à La Paz, Williams Kaliman a assuré que les forces de sécurité feraient un usage « proportionné » de la force.
Des policiers membres de l’unité chargée de protéger l’Assemblée ont dit à Reuters qu’ils s’attendaient à des affrontements violents avec les pro-Morales. L’un d’entre eux a indiqué que les officiers feraient usage de balles réelles.
« C’est très inquiétant. Il y avait beaucoup de crainte et de panique la nuit dernière. Ce soir les gens ont autant peur qu’hier, si ce n’est plus », a déclaré un diplomate occidental présent à La Paz. La plupart des bâtiments diplomatiques ont été fermés, a-t-il dit, le personnel travaillant à domicile.
Des entreprises ont été attaquées, des bâtiments ont été incendiés et la plupart des écoles et commerces sont restés fermés lundi. Les transports publics étaient à l’arrêt et les routes bloquées.
Aux termes de la loi, le président du Sénat est chargé d’assurer l’intérim en cas d’absence de président et de vice-président. Mais la présidente du Sénat, Adriana Salvatierra, a elle aussi quitté ses fonctions dimanche soir.
« FAIRE LE NÉCESSAIRE »
La deuxième vice-présidente du Sénat, la chrétienne Jeanine Añez a annoncé qu’elle était disposée à assumer la présidence intérimaire, « seulement pour faire le nécessaire afin de convoquer des élections transparentes ».
Elle a déclaré que le Sénat se réunirait mardi et exhorté les membres du Mouvement pour le socialisme (MAS), le parti de Morales, à assister à la séance pour tenter de trouver une solution constitutionnelle à la crise.
La démission de Morales doit encore être approuvée par l’Assemblée législative, convoquée mardi par les deux chambres du Congrès, ce qui pourrait être repoussé du fait de la situation sécuritaire.
Plusieurs alliés du dirigeant socialiste dans la région, parmi lesquels le président élu argentin Alberto Fernandez, ont dénoncé un coup d’Etat.
La Russie a apporté son soutien à Evo Morales, accusant l’opposition de violences.
Au Venezuela, des opposants du président Nicolas Maduro ont célébré la démission de Morales, qualifié de « dictateur », espérant que Maduro serait le prochain sur la liste.
De son côté, Donald Trump a estimé que la démission de Morales constituait un « moment important pour la démocratie » et adressait un « signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua ».
Sous la présidence de Morales, la Bolivie a affiché l’un des plus forts taux de croissance d’Amérique latine et son taux de pauvreté a été réduit de moitié. Mais sa volonté de rester au pouvoir en briguant un quatrième mandat lui a fait perdre une partie de ses soutiens, y compris au sein de la communauté indigène.
(avec Dave Graham à Mexico, Matt Spetalnick à Washington, Tom Balmforth à Moscou; Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian pour le service français)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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