Allemagne-Un suspect islamiste recherché après l’attaque contre la Pride de Berlin
par Kirsti Knolle, Miranda Murray et Markus Wacket
BERLIN, 25 juillet (Reuters) – L’homme soupçonné d’avoir foncé à bord d’un véhicule samedi soir sur une foule réunie à Berlin pour la Marche des fiertés était activement recherché dimanche par la police allemande qui l’a identifié comme un jeune islamiste radicalisé déjà connu des services de renseignement.
« Tout indique que nous traitons une attaque terroriste islamiste », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, lors d’une conférence de presse.
Un monospace blanc a percuté la foule dans le parc Tiergarten, près de la porte de Brandebourg, vers 22h00 (20h00 GMT), à proximité du défilé du Christopher Street Day, autre nom de la Pride berlinoise.
Une personne est morte et seize autres ont été blessées dont huit grièvement selon les secours. Le pronostic vital est engagé pour trois d’entre elles. Certaines victimes présentent des blessures par arme blanche, a dit la police.
Les enquêteurs ont diffusé dimanche une photographie du principal suspect, identifié sous le nom d’Abdul B. et faisant partie du « milieu islamiste », en invitant la population à l’aider à le localiser, tout en déconseillant d’approcher cet individu « possiblement armé et dangereux ».
La police a ajouté ne pas être certaine qu’il ait agi seul. Plus d’une personne aurait pu s’extraire du véhicule utilisé pendant l’attaque lorsque ce dernier a stoppé sa course près de la porte de Brandebourg, a-t-elle dit.
« Nous avons affaire ici à un individu présumé qui s’était déjà fait remarquer par un grand nombre d’infractions pénales, sa radicalisation et son affiliation à la mouvance islamiste », a déclaré le ministre Alexander Dobrindt à propos du suspect.
« UN JOUR HORRIBLE POUR LA COMMUNAUTÉ LGBT »
Des sources proches des services de sécurité ont indiqué à Reuters qu’il s’agissait d’un citoyen allemand d’origine libanaise, libéré d’un centre de détention pour mineurs il y a deux mois après une condamnation pour préparation d’un acte de violence menaçant l’Etat.
Selon ces sources, l’homme avait tenté d’entrer en contact avec l’organisation de l’Etat islamique, il était connu des services de renseignement intérieur et figurait sur le fichier de personnes classées comme potentiellement dangereuses devant faire l’objet d’une surveillance accrue.
Plusieurs médias ont rapporté que le suspect avait tenté de se rendre en Syrie pour rejoindre l’EI et avait été arrêté à l’aéroport de Berlin-Brandebourg fin 2025, à son retour du Liban.
Des centaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées dans la capitale allemande pour les célébrations annuelles du Christopher Street Day, l’un des plus grands événements Pride en Europe, avant que l’incident ne mette fin aux festivités.
« Il s’agit d’un jour horrible pour la communauté LGBT et un jour que j’espérais personnellement ne jamais vivre. Je suis choqué », a dit Julian Methig, qui participait à l’événement.
A deux mois d’élections régionales qui s’annoncent délicates pour le chancelier Friedrich Merz, en proie aux critiques lui reprochant son inefficacité, le parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne), qui espère s’emparer d’un Land lors du scrutin en faisant campagne sur ses thèmes de prédilection, immigration et sécurité, s’est empressé de réagir.
« Nous ne laisserons pas des extrémistes religieux diviser notre pays par la violence et l’intolérance ! » a déclaré Tino Chrupalla, coprésident de l’AfD, sur X.
L’Allemagne a connu ces dernières années une série d’attaques à la voiture bélier. En mai dernier, un homme souffrant vraisemblablement de troubles mentaux a foncé dans une zone piétonne de Leipzig, tuant deux personnes et en blessant grièvement trois autres.
En 2016, Anis Amri, un demandeur d’asile tunisien débouté lié à des activistes islamistes, avait détourné un camion, tué son chauffeur et foncé dans un marché de Noël bondé, faisant 11 morts et des dizaines de blessés. Il avait été abattu par la police en Italie quatre jours plus tard.
(Camille Raynaud et Jean-Stéphane Brosse pour la version française)
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