Viktor Orban reconnaît sa défaite en Hongrie après 16 ans au pouvoir
Viktor Orban, après 16 années au pouvoir, a concédé dimanche sa défaite aux élections législatives en Hongrie face à l’opposition de centre-droit emmenée par Peter Magyar, à laquelle les résultats partiels du scrutin prédisent une écrasante majorité au sein de la future Assemblée nationale.
Figure de proue en Europe de ce que ses détracteurs qualifient de « démocratie illibérale », à la fois proche de la Russie de Vladimir Poutine et soutenu par les Etats-Unis de Donald Trump, Viktor Orban a qualifié sa défaite de « claire » et « douloureuse ».
Peter Magyar a pour sa part jugé que la Hongrie avait réaffirmé son ancrage européen.
De nombreux dirigeants européens, avec lesquels le chef du gouvernement hongrois a régulièrement été en conflit, se sont rapidement réjouis de l’issue de ces élections en Hongrie, marquées par une participation massive.
« La France salue une victoire de la participation démocratique, de l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union européenne et pour la Hongrie en Europe », a ainsi déclaré le président français Emmanuel Macron sur X, quand Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a jugé que « le coeur de l’Europe bat plus fort ce soir en Hongrie ».
Après dépouillement de près de la moitié des bulletins, le parti Tisza de Peter Magyar, conservateur et pro-européen, obtiendrait 135 des 199 sièges de l’Assemblée nationale, soit au-delà du seuil des deux tiers nécessaire à toute modification de la Constitution, loin devant le Fidesz de Viktor Orban.
« Les résultats des élections ne sont pas encore définitifs mais la situation est compréhensible et claire », a dit le Premier ministre sortant, âgé de 62 ans, dans les bureaux de campagne de son parti. « Le résultat des élections est douloureux pour nous, mais clair. (…) J’ai félicité le vainqueur. »
PARTICIPATION MASSIVE
Les Hongrois ont voté en masse dimanche, les instituts de sondage prédisant une participation record depuis la chute du régime communiste en 1989. Elle était de 77,8% des électeurs inscrits à 18h30, une demi-heure avant la fermeture des bureaux de vote, contre 67,8% à la même heure en 2022, selon les autorités électorales.
« Comme nous l’avions promis, comme nous l’espérions, aujourd’hui, 12 avril 2026, la Hongrie et plusieurs millions de personnes ont de nouveau écrit l’Histoire, 23 ans jour pour jour après le référendum en Hongrie sur l’adhésion à l’Union européenne », a réagi Peter Magyar, âgé de 45 ans.
Le départ de Viktor Orban du pouvoir pourrait avoir des implications majeures non seulement pour la Hongrie, mais aussi pour l’Union européenne, au sein de laquelle il s’est régulièrement opposé à ses homologues, et pour l’Ukraine, pour laquelle il a récemment bloqué un projet européen de prêt de 90 milliards d’euros.
L’UE pourrait de son côté dégeler des fonds destinés à la Hongrie dont le versement a été suspendu en raison de ce que Bruxelles a qualifié d’érosion des normes démocratiques sous Viktor Orban.
L’échec du Fidesz constitue enfin indirectement un revers pour Vladimir Poutine, qui perd l’un de ses appuis au sein de l’UE, et plus largement pour le camp dit « illibéral » en Europe mais aussi jusqu’à la Maison blanche.
Tisza, le parti de Peter Magyar, a promis de lutter contre la corruption et de restaurer l’indépendance de la justice et des diverses institutions érodée selon lui au cours des 16 années au pouvoir de Viktor Orban. Sa capacité à honorer cet engagement dépendra cependant en partie de l’ampleur de sa majorité à l’Assemblée nationale.
Au-delà de l’usure probable du pouvoir et des critiques contre ses méthodes de gouvernement, Viktor Orban semble aussi avoir pâti de trois années de stagnation économique et d’augmentation du coût de la vie, ainsi que de soupçons d’enrichissement d’hommes d’affaires jugés proches du pouvoir.
VOIR AUSSI: LE POINT nL8N40R1QL sur les élections législatives en Hongrie
(avec Krisztina Than, Anita Komuves, Lili Bayer, Thomas Holdstock et Judith Langowski; rédigé par Justyna Pawlak, version française Camille Raynaud, Zhifan Liu et Bertrand Boucey)
Un service de presse reconnu par l'Etat
Le Journal Chrétien est un service de presse en ligne bénéficiant d’un agrément de la Commission paritaire des publications et agences de presse du Ministère de la Culture. Il est membre du Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne (SPIIL), un syndicat professionnel français créé en afin de défendre les intérêts professionnels des éditeurs de presse en ligne indépendants. Il fait partie des sources d'information officielles de Google actualités dans tous les pays francophones. Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge et les fake news et les calomnies, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui passe l'information au tamis de l'Évangile. Nos journalistes et correspondants essaient de s'approcher de la vérité des faits avec beaucoup d'humilité. Le professionnalisme des experts impliqués dans le Journal Chrétien garantit une procédure de sélection de grande qualité et un suivi des projets très rigoureux.Quand les pasteurs et leurs églises sont victimes de dénonciations calomnieuses, le Journal Chrétien mène des investigations pour rétablir la vérité.
En plus de son activité éditoriale remarquable, le Journal Chrétien est l’éditeur de Bible.audio, une vaste plateforme de ressources bibliques comprenant une vingtaine de traductions bibliques, la Bible audio, la Bible interlinéaire, le comparateur de versions, la concordance biblique, les commentaires bibliques, les dictionnaires bibliques et les lexiques bibliques.
Il dispose également d'une chaîne de télévision chrétienne dénommée Chrétiens TV, qui diffuse ses programmes sur le canal 246 de la Freebox en France. Elle s’adresse à tous ceux qui souhaitent nourrir leur réflexion, leur foi ou simplement découvrir des programmes porteurs de sens et de bienveillance.

