Macron envisage prudemment des consultations par référendum
par Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) – Invité d’une longue émission politique, Emmanuel Macron a envisagé avec prudence mardi la possibilité de consulter directement les Français sur « les grandes réformes économiques, éducatives, sociales », y compris la « fin de vie » si le Parlement n’aboutit pas.
Pendant plus de trois heures sur TF1, le président au pouvoir depuis huit ans a défendu son bilan et lancé des idées pour la fin de son mandat lors d’échanges avec des Français et des personnalités d’horizons divers.
« Le défi des défis dans un monde de plus en plus dangereux et incertain c’est de rester libre », a-t-il dit en ouverture d’une première partie consacrée à la situation internationale, en particulier la guerre en Ukraine.
Plusieurs débats plus tard sur des thèmes allant de l’économie à l’insécurité, le chef de l’Etat a précisé sa pensée concernant la consultation directe des Français annoncée lors de ses voeux le 31 décembre dernier.
« L’esprit c’est qu’on puisse, sur les grandes réformes économiques, éducatives, sociales, saisir nos compatriotes », a-t-il dit, sans avancer de date.
« Le gouvernement va proposer plusieurs réformes et on regarde un calendrier parlementaire. Il faut qu’il soit plus riche, plus nourri. Et puis sur cette base-là, je dirai on va au référendum peut-être, il faut plusieurs mois pour l’organiser donc je m’enferme pas dans un calendrier », a-t-il expliqué.
S’il a écarté l’idée de consulter sur le thème de l’immigration, Emmanuel Macron a envisagé celui de la fin de vie en cas d' »enlisement » du texte actuellement étudié au Parlement.
Emmanuel Macron a récemment lancé une convention citoyenne sur « les temps de l’enfant » où seront abordés les horaires de cours et les vacances scolaires, qui débutera en juin.
Sur TF1, le président a rejeté l’idée d’un référendum sur l’abrogation de la réforme des retraites de décembre 2023, disant attendre le résultat du « conclave » des partenaires sociaux lancé par le Premier ministre François Bayrou.
Depuis le début de la Ve République, dix référendums ont été organisés.
« RESTER LIBRE »
Emmanuel Macron a appelé de ses voeux une « conférence sociale sur le mode de financement de notre modèle social » qui repose selon lui « beaucoup trop sur le travail », et encouragé une « réflexion sur les évolutions du travail » en fonction de l’âge des salariés – jeunes, seniors.
Interpellé par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, sur les plans de licenciements, le président a dit son opposition à une nationalisation d’ArcelorMittal France, lui préférant « une politique européenne qui permette de protéger le marché de l’acier. »
Au cours d’un débat avec le maire de Béziers, Robert Ménard, sur le thème de la sécurité, Emmanuel Macron s’est dit favorable à une loi permettant « à tous les maires qui le souhaitent » de faire en sorte que la police municipale puisse agir sur le terrain sous l’autorité du procureur.
Le président s’est aussi dit favorable à une inscription « rapide » à l’Assemblée d’une proposition de loi du sénateur Stéphane Demilly visant à interdire un mariage en France lorsque l’un des futurs époux y réside de façon irrégulière.
Chahuté par nombre de ses interlocuteurs sur son bilan, Emmanuel Macron a défendu ses choix qui ont permis selon lui de réindustrialiser, recréer de l’emploi et prendre le tournant de la décarbonation malgré des crises comme celle du COVID-19 en 2020.
« C’est assez classique dans notre pays, on voit surtout ce qui ne marche pas », a-t-il dit tout en reconnaissant « un moment difficile ».
En toute fin d’émission, Emmanuel Macron a placé les Jeux olympiques de l’été dernier à Paris et la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame après l’incendie de 2019 au nombre des « fiertés » de son double quinquennat.
Invité à résumer dans un message manuscrit son souhait pour les deux années à venir, il a écrit : « Rester libre : une armée plus forte, une économie plus indépendante, une jeunesse protégée et éduquée. Nous y arriverons ».
(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Kate Entringer)
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