Les Hongrois aux urnes pour dire si Orban peut rester au pouvoir
par Anita Komuves et Krisztina Than
BUDAPEST (Reuters) – Les Hongrois ont commencé à voter dimanche pour des élections législatives dont le parti nationaliste du Premier ministre Viktor Orban est très légèrement favori, après une campagne perturbée par la guerre en Ukraine.
L’emprise du parti Fidesz au pouvoir sur les médias publics pourrait permettre à Viktor Orban de conserver le pouvoir qu’il détient depuis 12 ans, même si l’issue du scrutin paraît plus incertaine que jamais.
Après avoir voté à Budapest, le dirigeant nationaliste s’est dit certain d’obtenir une « grande victoire » et a présenté le scrutin comme un vote sur « la paix ou la guerre », en accusant l’opposition de vouloir entraîner la Hongrie dans le conflit en Ukraine, ce que dément cette dernière.
Interrogé sur ses liens étroits avec le président russe Vladimir Poutine, Viktor Orban a répondu: « Je défends les intérêts nationaux hongrois, je suis pro-Hongrois. »
L’invasion russe de l’Ukraine a mis le Premier ministre en porte-à-faux, l’obligeant à naviguer entre une affirmation de la « neutralité » de la Hongrie, qui a refusé de laisser les armes livrées par les pays occidentaux à l’Ukraine transiter sur son territoire, tout en ne s’opposant pas aux sanctions imposées à Moscou par l’Union européenne.
Selon les dernières sondages, la guerre n’a pas profondément modifié les intentions de vote des Hongrois, le Fidesz devançant l’opposition de deux à trois points. Mais environ un cinquième des électeurs interrogés dans le dernier sondage de l’institut Zavecz Research n’étaient pas sûrs de leur choix.
Les bureaux de vote fermeront leurs portes à 17h00 GMT.
Le chef de file de l’opposition, Peter Marki-Zay, un indépendant de 49 ans, a présenté le scrutin comme un choix entre l’Occident et l’Est, alors que l’invasion de l’Ukraine fait écho à l’intervention des chars soviétiques contre le soulèvement pro-démocratique à Budapest en 1956.
Les adversaires de Viktor Orban lui reprochent d’avoir trop rapproché la Hongrie de la Russie, qui lui fournit notamment tout son gaz, étouffé les libertés publiques et isolé le pays au sein de l’Union européenne.
« Un Poutine hongrois ou l’Europe? », demande une des affiches de campagne de l’opposition, sur fond d’une photo du Premier ministre au côté du président russe.
LE POIDS DE L’INFLATION
Viktor Orban, 58 ans, se présente comme un défenseur des intérêts de son peuple, en s’opposant notamment à toute sanction contre le pétrole et le gaz russes. Il s’est dit en désaccord avec les autres sanctions adoptées par l’UE, sans pour autant chercher à les bloquer, comme il aurait pu le faire.
Pour satisfaire son opinion publique, favorable à 80% à une adhésion de la Hongrie à l’Otan, selon une enquête menée en 2021 par GLOBSEC, il a récemment donné son feu vert au déploiement sur le territoire hongrois d’un des quatre nouveaux bataillons multinationaux de l’Alliance atlantique destinés à rassurer les pays d’Europe de l’Est face aux visées russes.
Jouant les équilibristes, Viktor Orban a aussi approuvé la décision de l’UE de livrer des armes défensives à l’Ukraine, mais à condition qu’elles ne transitent pas sur son territoire, où elles poseraient selon lui des risques pour la sécurité de la Hongrie.
Ce positionnement lui a permis de satisfaire une partie de sa base électorale, mais il lui a valu de vives critiques de ses alliés européens, à commencer par la Pologne, dont le dirigeant du parti nationaliste au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, a exprimé publiquement son mécontentement.
Les conséquences de la guerre en Ukraine, notamment la flambée de l’inflation, qui a atteint 8,3% en février en Hongrie, malgré les mesures prises par Viktor Orban pour plafonner les prix de l’essence ou des aliments de base, pourraient davantage peser sur l’issue du vote.
Selon le centre de réflexion GKI, le taux de confiance des consommateurs a plongé de 11 points en mars.
La coalition de l’opposition, qui va de la gauche à l’ancien mouvement d’extrême droite Jobbik, a tenté de capitaliser sur le mécontentement de la population, tirant à boulets rouges sur ce qu’elle présente comme une corruption systémique qui a permis aux oligarques proches du Fidesz de s’enrichir.
Pour maintenir la mobilisation de sa base conservatrice, le parti au pouvoir a de son côté fait coïncider les législatives avec un référendum portant sur l’éducation sexuelle à l’école, notamment en matière d’homosexualité et de transidentité, un thème sur lequel Viktor Orban n’a cessé de ferrailler avec Bruxelles ces dernières années.
(Reportage Anita Komuves et Krisztina Than, avec Krisztina Fenyo ; version française Tangi Salaün)
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