Israël bombarde Rafah, une nouvelle incursion terrestre redoutée
par Nidal al-Mughrabi et Humeyra Pamuk
DOHA/TEL AVIV (Reuters) – Les forces israéliennes ont bombardé jeudi plusieurs zones de Rafah, ville de la bande de Gaza située à la frontière égyptienne, au lendemain du rejet par Benjamin Netanyahu d’une offre de cessez-le-feu formulée par le Hamas.
Pour le Premier ministre israélien, les conditions posées par le mouvement palestinien sont « délirantes ». Il s’est engagé à poursuivre le combat, jugeant que la victoire était à portée de main.
L’armée de l’air israélienne a bombardé jeudi matin plusieurs quartiers de Rafah tandis que l’est de la ville était sous le feu de chars de Tsahal, ont dit des habitants qui redoutent désormais une incursion terrestre.
Cette perspective fait craindre une détérioration de la situation humanitaire. Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a ainsi prévenu qu’une intervention à Rafah aggraverait le « cauchemar humanitaire » et aurait des « conséquences régionales incalculables. »
Israël assure que des précautions sont prises pour épargner les pertes civiles et accuse les combattants du Hamas de se dissimuler parmi la population, dans les écoles et les hôpitaux par exemple, des accusations que réfute le mouvement islamiste palestinien.
« Tout à coup, d’un claquement de doigts, des missiles sont tombés sur des enfants, des femmes et des vieillards. Pour quelle raison ? Pourquoi ? A cause du cessez-le-feu qui se profile ? », demande Mohammed Abou Habib, un habitant de la ville.
Pour Emad qui a quitté son domicile avec ses six enfants pour se réfugier à Rafah, le pire est de ne pas savoir où partir. « Où devons-nous aller ? », s’interroge Emad, 55 ans, coincé entre la frontière israélienne, la Méditerranée et les combats.
C’est dans ce contexte que le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, poursuit ses efforts diplomatiques, se disant convaincu que de nouvelles négociations sont possibles.
Le roi Abdallah de Jordanie a quant à lui entamé une tournée diplomatique et se rendra en France, en Allemagne et aux Etats-Unis pour plaider en faveur d’une fin du conflit.
Une délégation du Hamas dirigée par le haut responsable Khalil Al-Hayya est arrivée jeudi au Caire pour des négociations de cessez-le-feu avec l’Égypte et le Qatar.
La délégation devrait rencontrer le chef des renseignements égyptiens, Abbas Kamel, et l’équipe chargée de la médiation égyptienne sur Gaza, ont indiqué plusieurs sources sécuritaires.
(Nidal al-Mughrabi, Andrew Mills and Samia Nakhoul à Doha, Humeyra Pamuk à Tel Aviv, Bassam Massoud à Gaza, Mohamed Ahmed Hassan au Caire, Michele Kambas à Nicosie, version française Nicolas Delame)
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