Brexit/Pêche: Environ 50% de licences manquantes, sanctions françaises imminentes
PARIS (Reuters) – La France estime que le Royaume-Uni n’a accordé que la moitié des licences de pêche dans les eaux britanniques auxquelles les pêcheurs français avaient droit dans le cadre de l’accord sur le Brexit, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.
« Notre patience atteint ses limites », a-t-il ajouté, en précisant que face à la restriction des délivrances de licences permettant aux pêcheurs européens d’accéder aux eaux britanniques, le gouvernement présenterait la liste des mesures de représailles envisagées « d’ici demain ou après-demain » (jeudi ou vendredi-NDLR).
« Ce que nous constatons aujourd’hui c’est qu’il manque quasiment 50% des licences auxquelles nous avons droit », a précisé Gabriel Attal lors du compte-rendu du conseil des ministres, en prévenant que ces mesures seraient mises en oeuvre à compter de début de novembre « s’il n’y a pas de changement de politique d’ici à la semaine prochaine pour les licences auxquelles nous avons droit ».
Une première série de mesures, qui sera mise en place progressivement à compter du 2 novembre, portera sur les produits importés débarqués en France (contrôles douaniers et sanitaires systématiques, interdiction de débarquement de produits de la mer, par exemple), a expliqué Gabriel Attal.
La seconde série portera sur la fourniture d’énergie aux îles anglo-normandes, a-t-il ajouté.
« Ce sont des mesures graduées (….) qui pourront être complétées s’il n’y a pas de geste des Britanniques, puisque notre objectif ce n’est pas de poser des mesures, c’est d’obtenir des licences », a de son côté précisé le secrétaire d’Etat chargées des Affaires européennes, Clément Beaune, lors d’une audition par la commission des Affaires européennes du Sénat.
D’après le gouvernement français, la Grande-Bretagne, qui a imposé de nouvelles conditions à l’octroi des permis (en exigeant notamment la preuve d’une activité dans les zones concernées avant le Brexit) a fixé au 30 octobre la date butoir pour l’octroi de ces licences.
Ces licences permettent aux pêcheurs européens – et notamment français – d’accéder aux eaux territoriales britanniques dans une zone de six à douze miles nautiques au large des côtes britanniques, ainsi que de celles de Jersey et Guernesey.
(Rédigé par Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault et Jean-Michel Bélot)
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