Wall St attend les ventes au détail et les banques, l’Europe recule
par Marc Angrand
PARIS (Reuters) – Wall Street est attendue en ordre dispersé vendredi tandis que les Bourses européennes cèdent du terrain à mi-séance, l’aversion au risque l’emportant une nouvelle fois face à la perspective d’une remontée des taux d’intérêt américains dès mars et aux préoccupations lancinantes liées à l’inflation.
Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture en hausse de 0,18% pour le Dow Jones mais une quasi-stabilité pour le Standard & Poor’s 500 et un recul de 0,12% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,65% à 7.154,02 points vers 11h50 GMT et à Francfort, le Dax recule de 0,65% alors qu’à Londres, le FTSE 100 est pratiquement inchangé, grâce au soutien des valeurs pétrolières et minières.
L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,81%, le FTSEurofirst 300 de 0,51% et le Stoxx 600 de 0,65%.
Ce dernier affiche pour l’instant un recul de 0,64% sur l’ensemble de la semaine et le CAC 40 un repli de 0,86%.
Les déclarations jeudi de plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine ont ravivé les inquiétudes liées à la hausse des prix et au resserrement attendu de la politique monétaire: la probable future vice-présidente de la banque centrale, Lael Brainard, a déclaré au Sénat que l’institution avait projeté « plusieurs hausses de taux dans le courant de l’année » et qu’elle pourrait passer à l’action « dès que nos achats seront achevés », donc potentiellement dès la réunion de la mi-mars.
La présidente de l’antenne régionale de San Francisco, Mary Daly, a ensuite jugé « raisonnable » de relever les taux en mars et son homologue de Chicago, Charles Evans, a estimé que la politique monétaire était pour l’instant « à contre-pied » du point de vue de l’inflation.
Le Nasdaq, en baisse de 2,51% à la clôture de jeudi, a ainsi effacé son rebond des trois séances précédentes.
La tendance à l’ouverture de Wall Street pourrait en outre être influencée à la fois par les chiffres mensuels des ventes au détail aux Etats-Unis et par les résultats trimestriels de JPMorgan, Wells Fargo et Citigroup, trois des principales banques américaines.
VALEURS EN EUROPE
La plus forte baisse sectorielle en Europe est pour les hautes technologies dans le sillage du Nasdaq: leur indice Stoxx cède 1,49%.
La seule hausse marquée est pour le compartiment de l’énergie (+0,74%) grâce à la progression des cours du brut, au plus haut depuis deux mois.
Lanterne rouge du Stoxx 600, EDF chute de 15,92% et se dirige vers la pire séance de son histoire boursière après l’annonce de nouvelles mesures visant à limiter la hausse de la facture d’électricité des particuliers français et la révision à la baisse de la prévision de production nucléaire 2022.
La capitalisation du numéro un français est désormais inférieure à celle de son principal concurrent dans l’Hexagone, Engie (-1,31%).
L’éditeur allemand de logiciels d’entreprises SAP, qui avait débuté dans le vert après la présentation de ses résultats 2021 et l’annonce d’un nouveau plan de rachats d’actions, a été rattrapé par la baisse générale des « techs » et abandonne 1,2%.
TAUX
Les rendements des emprunts d’Etat repartent à la hausse avant les publications du jour aux Etats-Unis et limitent ainsi leur repli hebdomadaire: le dix ans américain, qui était revenu sous 1,7% en séance jeudi, remonte à 1,7415% et entraîne dans son sillage son équivalent allemand, à -0,063%.
CHANGES
Le dollar se stabilise face aux autres grandes devises mais reste proche du plus bas de plus de deux mois touché jeudi, les cambistes jugeant que les prochaines décisions attendues de la part de la Fed sont déjà intégrées par le marché.
Le billet vert se dirige ainsi vers un repli d’environ 1% sur la semaine, sa pire performance hebdomadaire depuis mai dernier.
L’euro se traite à 1,1453 dollar après avoir atteint 1,1482 en début de journée, son plus haut niveau depuis le 11 novembre.
PÉTROLE
Hésitants en début de journée, les prix du pétrole sont désormais solidement orientés à la hausse, un mouvement favorisé par la faiblesse du dollar et par les contraintes persistantes sur l’offre.
Le Brent gagne 0,89% à 85,22 dollars le baril, au plus haut depuis le 10 novembre, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,8% à 82,78 dollars.
Tous deux se dirigent vers une quatrième performance hebdomadaire positive d’affilée et le rebond du Brent depuis son point bas de début décembre avoisine désormais 30%.
(Reportage Marc Angrand, édité par Blandine Hénault)
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