Une « Charte bleue » pour des croisières moins polluantes
MARSEILLE (Reuters) – Les principaux opérateurs de croisières dans les eaux françaises ont signé jeudi à Marseille une charte de bonnes pratiques destinée à réduire l’impact de leurs navires sur la qualité de l’air, notamment via le branchement au réseau électrique lors des escales et l’utilisation de carburants moins polluants.
Marseille est le premier port de croisière français et le quatrième en Méditerranée avec 1,750 million de croisiéristes accueillis en 2018 et elle en vise deux millions en 2020. Les retombées économiques locales sont estimées à 350 millions d’euros, avec 3.000 emplois directs ou induits.
Cette « Charte bleue » signée par les armateurs Costa Cruises, MSC Croisières, Royal Caribbean Cruises Limited et Ponant, qui représentent 95% des passagers et 85% des escales à Marseille, prévoit quatre mesures pour « une diminution significative des émissions de polluants atmosphériques ».
Les signataires s’engagent ainsi à développer les branchements électriques à quai pour éviter de laisser tourner les moteurs des navires lors des escales.
Ils manoeuvreront dans le port avec du carburant moins polluant – du Maritime Gas Oil 0,1 % ou du GNL (Gaz Naturel Liquéfié) -, promettent de favoriser des escales de navires alimentés au GNL et de maintenir une vitesse maximale de 10 nœuds à l’entrée et à la sortie du port.
Les fumées émises par les cheminées des bateaux de croisière lors de leurs escales marseillaises sont responsables de 40% des émissions locales d’oxyde d’azote, de 32% de celles d’oxyde de soufre et de 15% des particules fines, selon des chiffres de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Des associations de riverains du terminal croisières situé dans les quartiers Nord de Marseille ont maintes fois dénoncé cette pollution, alors que la ville a connu de nombreuses alertes l’été dernier.
« Cette signature est une avancée inédite et majeure pour l’environnement », a déclaré Hervé Martel, président du Directoire du grand port maritime de Marseille (GPMM).
Le GPMM veut d’ici 2024 multiplier par cinq l’offre d’électricité, achetée à Enedis, pour les bateaux faisant escale dans ses bassins, et passer à 55 Mégawatts. Des transformateurs seront installés pour convertir le courant de 50 Hertz, norme en France, à 60 Hertz, norme américaine utilisée par les bateaux de croisière.
Sur une flotte mondiale d’environ 50.000 navires de commerce, 400 paquebots de croisière naviguent dans le monde, dont 80 qui croisent en Méditerranée.
(Edité par Sophie Louet)
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